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				<title>Saute-ruisseau</title> 

				<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/</link> 

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				<language>en-us</language> 

			 
					<item> 

						<title>Histoire et fait divers...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2007/03/05#136133</link> 

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 Pas de vacances si l’on ne quitte pas la maison et les sentiers battus. Il suffit d’écouter la radio ou de lire blogues et journaux pour retrouver le chemin de l’école… J’ai donc écouté ce matin Antoine Prost, une voix d’historien un peu discordante dans le chœur des sociologues faisant sonner souvent les grandes orgues dans les tuyaux courts de la période brève. Or derrière l’écume du temps politique repose le temps long de l’éducation ; aucun ministre de l’Education nationale n’a œuvré, par exemple, plus de trois ou quatre années dans son Ministère, aucun n’a atteint les cinq années, c’est à dire le temps d’une scolarité primaire… L’historien de l’enseignement souligne par contre la longue continuité des questions de l’école et retrouve dans les débats d’aujourd’hui des interrogations vieilles souvent de plus d’un siècle, portant notamment sur la démocratisation (devenue massification), sur l’élitisme… L’école s’ouvre ou se ferme : pour qui ? pour combien ?... A. Prost relativise également les conclusions peut-être trop péremptoires des fameux ouvrages de Bourdieu et Passeron, &lt;i&gt; Les Héritiers&lt;/i&gt; (1964) et &lt;i&gt; La Reproduction&lt;/i&gt; (1970) ; la culture académique, les humanités gréco-latines sont portées surtout par le monde de l’Université qui n’est pas tout à fait celui de la classe dominante. D’autre part l’école tiendrait tout de même l’équilibre malgré la valse à 1000 temps des réformes, malgré le concert assourdissant de la société que ne perturbent en rien les murmures de la classe. L’école ne va finalement pas si mal. Propos assez roboratif, avec la prise en compte de la longue durée, qui invite à retrouver la profondeur du temps dans le présent étale... Une autre entrée en matière surgissait aussitôt après l'émission, aux informations de 10 heures : professeur poignardé dans sa classe de seconde, à Lyon... L'évocation de cette longue histoire de l'éducation et l'intrusion soudaine et dramatique de l'événement s'opposaient ce matin comme graine et grain de sable, promesses et blocage... 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>11 novembre...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/11/14#115371</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/beu1.jpg&quot;&gt;
&lt;P&gt;Petite balade dans la lumière déjà froide du jour martial, 11 novembre sur la &lt;a href=&quot;http://www.les-mille-etangs.com/&quot;&gt;&lt;i&gt;Route des Mille Etangs&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;... Croisé une véritable colonie de naturalistes (leur équipement laissait penser ainsi), échappés d'une procession d'automobiles qui s'accrochaient piteusement à l'herbe des talus ; venus de Belgique... Les autochtones englués aussi dans la nature, tout éclaboussés par la boue des étangs qu’on pêche en ce moment...
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/fau1.jpg&quot;&gt;
&lt;P&gt;Attention aussi à la crise de l’industrie rurale, quand la conversation a quitté les salons, les bistrots, les moulins, les lavoirs... Et pourtant la lumière qui rase les chaumes, les fils électriques qui biffent le paysage, la fumée qui sort de la cheminée, le clocher qui n’en pense pas moins... un reste de chaleur embrumait le village... 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>&quot;Autour de leurs clochers d'église...&quot;</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/10/12#113252</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;&quot;&lt;i&gt;...à la verticale, vous n'échapperez pas.&lt;/i&gt;&quot; Régis Debray finit ainsi son  étonnant : &quot;&lt;i&gt;Dieu, un itinéraire&lt;/i&gt;&quot;. Dans mes itinéraires pacifiques du mardi, je ne me lasse pas de tous ces petits clochers bulbeux qui couvent quelques vieux pans de maison. Les villages sous le soleil d'automne sont presque déserts ; quelques femmes dans les enclos de jardin, un monsieur qui m'indique en allemand une direction, un artisan qui réaménage un intérieur de ferme....&lt;P&gt; En attendant le vent de novembre, c'est la poésie de Verhaeren qui m'accompagne :
&lt;P&gt;&lt;i&gt;&quot;Les vieux chaumes, à cropetons,&lt;br&gt;Autour de leurs clochers d'église.&quot;&lt;/i&gt;
&lt;P&gt;
&quot;&lt;i&gt;A cropetons&lt;/i&gt;&quot;, c'est sans doute &quot;accroupis&quot;... Le village continue de s'amarrer à l'église souvent vide et branlante, comme...&lt;P&gt;&quot;&lt;i&gt;Dans les étables lamentables,&lt;br&gt;
Les lucarnes rapiécées&lt;br&gt;
Ballottent leurs loques falotes&lt;/i&gt;&lt;P&gt;

Le village comtois, avec son église du XVIIIe siècle, étincelle romane dans le feuillage jaunissant, c'est ce mélange d'horizontalité et de verticalité, de terre et de ciel...
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/Anchenoncourt.jpg&quot;&gt; 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Début d'automne...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/10/08#113069</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;Dans le paysage mouillé, j'ai laissé la bicyclette pour une petite marche de reconnaissance, que je souhaite faire accomplir, la semaine prochaine, à une vingtaine d'élèves... Retrouver des traces d'industrie à la campagne, dans la montagne...
&lt;P&gt;&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/Miellin2.10-05.jpg&quot;&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/turbine.jpg&quot;&gt; 
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					<item> 

						<title>Zig-zag...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/09/27#112391</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;Des nuages très haut et, dans la brume légère, des clochers et des troupeaux immobiles, quelques labourages au loin silencieux... Une &lt;a href=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/balade27092005.htm&quot;&gt; &lt;u&gt;irréalité&lt;/u&gt;&lt;/a&gt; frappe ces villages d'automne que survolent quelques corbeaux criaillants... et soudain le vrombissement d'un couple de &quot;Mirages&quot;, et la rumeur de la nationale cachée, et la ligne ferroviaire Paris-Bâle... et puis plus rien, une tranquillité de matin du monde, entre Epenoux et Villeparois tout particulièrement...
&lt;P&gt;&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/Port-d'Atelier5&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le vélo reprend...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/09/20#111874</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Je reprends sur deux roues la route intermittente ; non pas celle du travail, le chemin quotidien, mais l'échappée belle du mardi vacant, quand la population des villages s'affaire à la ville... Je traverse des bourgs presque déserts ; quelques retraité(e)s dans les jardins, une employée communale qui repeint un banc public, une maman qui promène l'enfant... 
&lt;br&gt;Pour voir l'automne naissant, j'ai emprunté la route des villages des bois. Route forestière à flanc de coteau, route du Chérimont, ruisseau des Battants... Traversé pour la première fois les &lt;i&gt;Hautes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Basses Valettes&lt;/i&gt;, où un grand-oncle d'autrefois faisait des tournées de facteur. C'était même le but inavoué de ma promenade : retrouver cette route des années 1920, voir le paysage traversé par une bécane de facteur...
&lt;br&gt;J'ai aussi retrouvé ceci, en vrai et en roman : &quot;...&lt;i&gt;le fumet des champignons s'élève à peine au-dessus de la terre. Dans la sapinière, dont le sol roux grésille sous les pneus comme de la chapelure, aucun souffle ne balance sur leurs tiges grêles les larges éventails des fougères.&lt;/i&gt;&quot; C'est tiré de &lt;b&gt;Vieille France&lt;/b&gt; ; dans ce livre oublié, Roger Martin du Gard montre un village en suivant un facteur dans sa tournée, un facteur qui s'appelle &lt;i&gt;Joigneau&lt;/i&gt;...
&lt;P&gt;Une tournée de vélo après l'été inactif. 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le vélo libertin...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/05/08#100442</link> 

						<description> 
 
&lt;P&gt;Toujours Alfred COURMES, qui abandonne le mot &lt;i&gt;bicyclette&lt;/i&gt; pour celui de &lt;i&gt;vélo&lt;/i&gt;. Titre du tableau (une huile de 1929) : &quot;&lt;i&gt;Du vélo, elle en veut...&lt;/i&gt;&quot;
&lt;P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/veloCourmes2.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Comme isolés du monde...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/05/01#99838</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;Pour faire écho au texte de Jules Romains (billet du 25 avril), ces lignes de Zola, citées dans la dernière livraison &quot;Revue de la Confrérie des 650&quot; (encore tout un programme à débattre sur un point de technique... essentiel : le diamètre de la roue !)
&lt;P&gt;&lt;i&gt;Ils se levèrent, regagnèrent la route, en poussant les bicyclettes. Et ils repartirent d'un bon train, passèrent devant les loges, arrivèrent à Saint-Germain par la superbe avenue qui débouche devant le château. Cela les ravissait de rouler de nouveau côte à côte, comme des oiseaux accouplés, planant d'un vol égal. Les grelots tintaient, les chaînes avaient leur petit bruissement léger. Et, dans le vent frais de la course, ils reprenaient leur conversation, très à l'aise, très intime, comme isolés du monde, emportés très loin et très haut.&lt;/i&gt;&quot; (Zola, extrait -dit la Revue- de &quot;Paris&quot; ? &quot;Le ventre de Paris&quot; ?)
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/veloCourmes.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;Alfred COURMES, &lt;i&gt;Groupe à la bicyclette&lt;/i&gt; (1925) 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Au demeurant...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/04/27#99299</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;Il suffit de déplier la carte et la route, les églises, le vent frais, les prairies... s’étirent dans l’accordéon des paysages. Ecrire, c’est mettre au jour le souvenir d’un coin de terre embroussaillé au creux d’un petit val... et les mots s’envolent au son de la mémoire. Mais au préalable, rappel de l’itinéraire, mettre une échelle à l’envergure du voyage. &lt;P&gt;
Suivre au plus près la ligne droite qui court des environs de Belfort à l’embouchure de la Loire (une tante et un oncle habitent le pays du muscadet). 61 cm sur la carte de France, 610 km. A l’arrivée, le compteur affichera 764 km, avec seulement 3 ou 4 km de route nationale ; l’essentiel du parcours emprunte les petites routes blanches de la carte, très nombreuses, avec parfois l’herbe qui pousse au milieu, le macadam qui disparaît... Du bout du doigt, je reprends ce parcours sur les cartes détaillées (l’IGN au 100000e), pour retrouver quelques images dans l’enfouissement du voyage.&lt;P&gt;
Départ l’après-midi ; il ne pleut pas, mais il fait froid. A présent, «&lt;i&gt; Nous n’avons à nous que le temps dont jouissent ceux-là mêmes qui n’ont pas de demeure.&lt;/i&gt; » (Cioran) Partir lentement sur de lourdes bicyclettes, c’est un peu rejoindre une patrie archaïque, celle de l’humanité nomade d’avant les temps agricoles. Impression de ressentir cette fibre, cet instinct encore niché dans le corps sédentaire, que l’effort physique accentue certainement. La perception, la pensée qui habite le corps occidental peuvent-elles s’effectuer pareillement qu’au temps « &lt;i&gt;de l’ancienne chair accablée de poids et de nécessités&lt;/i&gt; » ? (M. Serres) Délester l’esprit de ses poids modernes et les reporter sur le corps dont on retrouve l’ancienneté, le primitivisme. Le voyage à bicyclette n’est peut-être pas seulement progression dans l’espace, mais aussi régression dans le temps...
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/velo1.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Un espace incontesté...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/04/25#99042</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;Ne nous pressons pas de partir... Encore quelques petites notations au petit bonheur des chemins.
Le vélo, avec quelques autres sports rares (comme la boxe) a fomenté une mythologie. La geste cycliste, avant de submerger le petit écran estival, attirait la plume de grands écrivains ou journalistes : Albert Londres, par exemple (le tour de France 1924), Buzzati, Cingria, Alfred Jarry... Mais l’épopée jaillit du vélo de souffrance, pas de la bicyclette. La littérature parle peu de la bicyclette, beaucoup du vélo. C’est pourquoi Jules Romains, dans « &lt;i&gt;Les copains&lt;/i&gt; » (1922), est précieux : 
&lt;P&gt;&lt;i&gt;Je n'ai peur d'aucun instant futur.Le pire événement, je passerais dessus, comme sur ce caillou. Mon pneu le boirait... à peine une petite secousse... Je n'ai jamais conçu, comme ce soir, la rotondité de la terre. Me comprends-tu ? La terre toute ronde, toute fraîche, et nous deux qui tournons autour par une route unie entre des arbres... Toute la terre comme un jardin la nuit où deux sages se promènent. Les autres choses finissent quelque part ; il le faut bien. Mais un globe n'a pas de fin. L'horizon devant toi est inépuisable. Sens-tu la rotondité de la terre ? (...)
&lt;br&gt;Une descente, pareille à une fumée, se recourbait jusqu'au fond du val. Les deux bicyclettes allaient d'une vitesse toujours accrue. Les roues d'avant sautaient ensemble. 
&lt;br&gt;Bénin et Broudier en mouvement limitent et possèdent un espace incontesté. Et ils peuvent, quand il leur plaît, considérer le monde comme une douteuse banlieue.&lt;/i&gt; (p. 76-79 du livre de poche ; des histoires un peu surannées, mais j'aime ces lignes... pour les avoir éprouvées sur la bicyclette).
&lt;P&gt;
Quand deux vélos se croisent et se saluent, c’est deux espaces incontestés qui s’effleurent dans leur course fuyante ; le contraire du heurt, de la collision...
&lt;br&gt;
De la frontière allemande à l’Atlantique, nous n’avons croisé curieusement aucun voyageur à bicyclette, durant cette semaine d’avril ; seulement quelques compétiteurs sur deux roues, peut-être un jardinier ou un pêcheur encore, canne ou bêche à l’épaule.
&lt;br&gt;
Sous les paupières, des images de bitume exquis, comme ce jeune couple filant dans la lumière déclinante d’un soir d’été, bonheur dévalant sur une petite route pas très éloignée du pays d’Alain Fournier. C’est qu’à l’époque du grand Meaulnes, la bicyclette pouvait prendre aussi des airs sulfureux, entraîner dans des parties de campagne, éloigner de l’enclos paroissial... Pêcheur et pécheur, le cycliste. 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/cyclostop.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le voyage interrompu...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/04/20#98401</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;Le voyage à bicyclette prévu pour ces vacances de printemps n'est réalisé qu'à moitié... Le froid, le vent, la pluie, la fatigue nous ont arrêtés à Nantes ; retour par le train. Un calendrier strict qui oblige à de longues étapes,  la rigidité du projet, mais peut-être davantage encore la forme de l'itinéraire ont eu raison de l'aventure...
&lt;P&gt;Le voyage en boucle est sans doute plus judicieux que le rectiligne aller-retour. Beaucoup d'éléments apparentent bien sûr le vélo au cercle, forme éloignée cependant de la trépidation du vivant. Tout ce qui vit a l'air de suivre la ligne droite, de manière saccadée et alternative. La musique occidentale a préféré l'archet du violon à la roue de la vielle... Et pourtant je fais du vélo pour me sentir vivant. Quel auteur écrivait : &quot;&lt;i&gt;Pour imiter la marche, l'homme a inventé la roue qui ne ressemble pas à un pied ?&lt;/i&gt;&quot; Car notre allure très modeste nous a toujours éloignés de la course et rapprochés des promeneurs. Ne nous appelez pas &lt;i&gt;randonneurs&lt;/i&gt;, car l'expression &lt;i&gt;de randon&lt;/i&gt;, en ancien français, signifie &lt;i&gt;avec force, impétuosité, rapidité...&lt;/i&gt; La randonnée est une course épuisante, celle qui force par exemple le gibier, dans une chasse à courre. Le voyageur à bicyclette est donc un promeneur, pas suffisamment véloce pour s'appeler coureur , pas trop lent non plus, car son équilibre en souffrirait. Ni piéton, ni randonneur ; sur deux petits cercles, du côté des astres et de leurs trajectoires courbes...
&lt;P&gt;L'aller-retour, ce pourrait bien être le voyage des commissions ; faire une course sur son vélo utilitaire. Et ce pauvre vélo qu'on oublie de rentrer finit par rouiller et couiner comme bêtes à bec. Je vais à l'école, je vais acheter le pain... sur ma bécane. 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Perce-neige...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2005/03/24#94504</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;...quelques mots qui viennent percer le blanc du silence. Le printemps qui arrive, avec une espèce de brutalité. Comme une délivrance douloureuse, entre la torpeur hivernale et la douceur nouvelle. Les nuées d'oiseaux aux mangeoires qui se disséminent, les anémones qui pointillent les talus. Fin des contractions, des infusions ; la vie diffuse... 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>En passant par Vioménil (Vosges et Vôge)</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/11/16#76303</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Dire quelque chose des balades à bicyclette reprises presque chaque semaine depuis septembre. Aujourd’hui, nous avons sillonné la Vôge, pays de Lorraine compris entre la montagne vosgienne et les plaines de Saône. Pédalée dans la brume et le froid. Des fermes dispersées et la forêt... des secteurs entiers ont été reboisés après les tempêtes. Des troupeaux de charolais blanc boueux sont encore dans les pâtures, visités seulement par les hérons. L’homme est rare, le silence presque grandiose. Vers midi, nous parvenons à Vioménil et suivons les quelques indications inscrites sur des panneaux de bois : &lt;i&gt;source de la Saône&lt;/i&gt;. 
&lt;br&gt;Depuis l’église, la route dévale rapidement dans un vallon sombre, toujours dans le village. Un lavoir, un cabanon où est écrit &lt;b&gt;Saône&lt;/b&gt;... et puis la route remonte et nous retrouvons l’entrée du village.
&lt;br&gt;
 Nous sommes donc passer devant cette source sans y croire, et la recherchant ailleurs, et attendant je ne sais quel temple de la source... Je vais relire ce soir «&lt;i&gt;La source de Vioménil&lt;/i&gt;, de Jacques Réda (dans &lt;u&gt;Le sens de la marche&lt;/u&gt;, Gallimard, 1990). Lui aussi n’a pas vraiment vu de source... Voici quelques vers terminant son récit qui s’appliquent bien au cycliste de ce jour :
&lt;P&gt;
&lt;i&gt;Tout est si calme ici que je perçois le flux&lt;br&gt;
De mon sang circulant dans mes vieilles artères.&lt;br&gt;
Nous sommes entourés, habités de mystères. &lt;br&gt;
Lorsque depuis lontemps mon pouls ne battra plus,&lt;br&gt;
L’eau coulera toujours du flanc de la colline.&lt;br&gt;
Mais dans l’instant j’existe encore à la façon&lt;br&gt;
De la Saône filant sa diverse chanson&lt;br&gt;
Sans aboutissement, sans réelle origine.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
(...)
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Première neige...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/11/10#74972</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
«&lt;i&gt;Les arbres se défont à l’intérieur d’une sphère de brouillard&lt;/i&gt;» (Ponge)
&lt;P&gt;
Sur le macadam noir s’évanouissent de pâles flocons ; grisaille mouillée de l’hiver qui commence.
&lt;P&gt;
Il semble qu’on ne retrouve plus dans les manuels scolaires les images de la neige métamorphosant le paysage : le grand manteau blanc, les petits bonnets blancs coiffant les piquets de pâture... La géographie physique a d’ailleurs cédé la place aux hommes, à la démographie, à la géopolitique ; courbes et chiffres ont remplacé pierres et petites fleurs, et peut-être qu’un certain sens du réel et jeu de l’imaginaire nous quittent de cette façon.
&lt;P&gt;
Est-ce que les clichés ne seraient pas la fidélité à ce qui ne change pas ? Fidélité au monde immobile, au temps immuable ; fidélité aux pierres.
&lt;br&gt;
 Avec la pluie, la neige, le vent viennent l’arrosement, l’érosion, le ravinement. Le monde se met à bouger, à changer. Temps de l’inconstance chanté par les poètes baroques qui aimaient l’eau, les bulles, la neige, le vent et les oiseaux...
&lt;P&gt;
&lt;b&gt;Douce laine du ciel, belle fleur des nuées,
&lt;br&gt;
(...)
&lt;br&gt;
On dit que cet argent que tu jettes en lames&lt;br&gt;
Renferme dans son sein quelques esprits de flammes ;&lt;br&gt;
Que tu n’as de froideur que pour l’attouchement,&lt;br&gt;
Et que la terre en toy trouve son aliment ;&lt;br&gt;
Que luy pressant le flanc de tes eaux tempérées,&lt;br&gt;
Tu remplis de pur sang ses veines altérées ;&lt;br&gt;
Vien donc, riche toison, rare essence de l’eau ;&lt;br&gt;
Inonde nos guerets d’un fertille ruisseau.
&lt;br&gt;
(...)
&lt;br&gt;
Comme leur danse est belle! Et comme leur albatre&lt;br&gt;
Virevolte par l’air roulant d’un pas folâtre !&lt;br&gt;
Comme ils vont se heurtans, sans se faire nul mal !&lt;br&gt;
Comme en frères parfaits ils se traitent d’égal !&lt;br&gt;
Comme sur le terrein l’un à l’autre s’abouche !&lt;br&gt;
Comme ils font estendus une agréable couche !...
&lt;/b&gt;&lt;P&gt;
&lt;align=right&gt;(&lt;b&gt;Bussières&lt;/b&gt; / 1649) 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Mégalithe et mégabit...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/11/09#74814</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
«&lt;i&gt;Il y avait les Pierres Dressées, ces neuf derniers mois elle les avaient vues si rarement. Elles se tenaient là et attendaient, couvertes de toiles d’araignées, et elle alla appuyer sa joue contre la grande pierre, le monstre dressé qui semblait scruter les eaux du lac et bien au-delà jusqu’aux horizons bleutés des monts Grampians. Appuyée contre la pierre, sa joue meurtrie posée là, elle ressentit quelque chose d’étrange et de rassurant, et le plus étrange était de penser que cet ancien cercle de pierres était devenu, au fur et à mesure que les années passaient à Kinraddie, le seul endroit où elle pouvait venir et prendre un peu de distance avec la clameur des jours.&lt;/i&gt;» 
&lt;br&gt;
Passage extrait de &lt;b&gt;Sunset Song&lt;/b&gt;, très beau roman de Lewis Grassic Gibbon, paru en 1932, qui chante la campagne écossaise au tout début du XXe siècle. &lt;i&gt;Chris Guthrie&lt;/i&gt;, l’héroïne, me rappelle cet autre grand portrait féminin de la littérature anglaise, la &lt;i&gt;Prue&lt;/i&gt; du livre de Mary Webb, &lt;b&gt;Sarn&lt;/b&gt; (publié en 1924). Les forces du réel, les pesanteurs du monde ancien, le poids de la terre et des pierres se mêlent aux puissances de l’imaginaire... 
&lt;P&gt;
Un magazine français de la semaine, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, consacre un article à la planète Blog : 10 millions d’habitants sur la «bloggosphère», qui entrecroisent aussi les feux de leur imagination avec les affres contemporaines... De la pierre solide et rassurante, menhir d’un temps immobile, serions-nous passés au bit volatil des temps accélérés ? 
&lt;P&gt; &lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;La danse est en eux,
&lt;br&gt;
La flamme est en eux, 
&lt;br&gt;
Quand bon leur semble.
&lt;P align=center&gt;
Ce n’est pas un spectacle devant eux,
&lt;br&gt;
C’est en eux.
&lt;P align=center&gt;
C’est la danse de leur intime
&lt;br&gt;
Et lucide folie.
&lt;P align=center&gt;
(...)
&lt;P align=center&gt;
Mais le pire est toujours
&lt;br&gt;
D’être en dehors de soi
&lt;br&gt;
Quand la folie
&lt;br&gt;
N’est plus lucide.
&lt;P align=center&gt;
D’être le spouvenir d’un roc et l’étendue
&lt;br&gt;
Vers le dehors et vers le vague.&lt;/b&gt;
&lt;P align=center&gt;

			(Guillevic, poète breton / &lt;b&gt;Les Rocs&lt;/b&gt;, dans &lt;u&gt;Terraqué&lt;/u&gt;, 1942) 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Convalescence...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/11/06#74356</link> 

						<description> 
 
&lt;P&gt;Le philosophe-poète Michel Serres évoque ainsi le suffixe –escence : &lt;i&gt;« ...en la luminescence ou l’incandescence, croît ou décroît, par éclats et occultations, une lumière dont l’intensité se cache et se montre en frémissant de commencer, quoique prête sans cesse à s’éteindre ; (...) »&lt;/i&gt; Et de parler encore de l’adolescence, de l’efflorescence, de l’arborescence, de l’effervescence... dans son livre : &lt;b&gt;Hominescence&lt;/b&gt;(Le Pommier, 2001). Ecoulement plus régulier et durable avec les mots en –use, comme l’eau sourdant des vannes de l’écluse. Ces mouvements d’usure, ces clignotements et tremblements divers touchent aussi les mots s’alignant sur la page. La poursuite noir sur blanc a ses points de côté, son arythmie, ses arrêts... Ainsi fonctionne souvent l’écriture du journal. Il y a bien sûr les as du crayon métronomique, le taylorisme des travaux et des jours, l’artisanat souvent de jours heureux... et l’artiste qui tremperait plus volontiers sa plume dans la bile de jours noirs. Bonheur et drame sont à doses souvent différentes dans les ressorts de l’écriture : petite et grande aiguilles de la littérature, qui disent le temps des hommes. Autrefois, dans les fermes de mon pays, l’horloge comtoise n’avait qu’une seule aiguille... Et la littérature, une seule voix peut-être ? 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>&quot;Les chats puissants et doux...&quot;</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/09/24#66947</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;

Quelques maux avec une collègue, en salle des profs... et que lisait-elle, hier soir ? Un livre intitulé «&lt;i&gt;Les chats&lt;/i&gt;»... Test d’évaluation en 6e (d’envergure nationale) ; sur quelle thématique dominante s’appuient les exercices ? «&lt;i&gt;Les chats&lt;/i&gt;»... et les élèves qui ne connaissent pas Poe doivent doivent imaginer une histoire si possible horrible où il est question de chats noirs...
&lt;br&gt;
 Je suis distant de la gente féline : souvenir d’un siamois qui s’agrippait à moi, dans la petite enfance ; beaucoup de souvenirs désagréables avec les chats... J’ai une fille allergique aux chats... qui vient justement de quitter sa famille pour une longue année en Amérique. Famille d’accueil mal choisie (en forçant le trait, avec un peu de vitriol dans l’encre : une Thénardier échouée au XXe siècle, V. Hugo revisité par Philippe Roth... nous sommes dans les affres), et il y a justement une occupation féline de l’endroit époustouflante : plus de quinze chats en permanence, et parfois les cris du monsieur handicapé qui se défend dans la chaise roulante... Est-ce l’année du chat ? je ne sais... En tout cas le chat m’exaspère en ce moment. Une petite exception ? Une brise de douceur féline quand même dans les blogues que j’aime, ceux d’Etolane et de Nessa par exemple... mais c’est tout, et je n’entrerais même pas dans la chambre de Colette ou dans celle de Léautaud... Je me rebiffe.
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Miroirs...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/09/21#66628</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/15Scey85.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>La douleur</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/09/11#65246</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
« &lt;i&gt;Je suis allé pisser. / J’avais été fait prisonnier par la Milice fasciste le 13 décembre 1943... / Ils sont en face de moi, l’oeil rond, et je me vois soudain dans ce regard d’effroi : leur épouvante...&lt;/i&gt;» 
&lt;br&gt;
Trois premières phrases de trois livres : &lt;u&gt;L’espèce humaine&lt;/u&gt;, de Robert Antelme (paru en 1957 et lu tout récemment), &lt;u&gt;Si c’est un homme&lt;/u&gt;, de Primo Levi (1958), &lt;u&gt;L’écriture ou la vie&lt;/u&gt;, de Jorge Semprun (1994)... 
&lt;br&gt;
Je viens de rouvrir ces livres après avoir lu le petit ouvrage qu’on s’apprête à étudier en classe de troisième : «&lt;i&gt;Inconnu à cette adresse&lt;/i&gt;», de Kressmann Taylor. 18 petites lettres qu’un bon lecteur lira en une petite demi-heure, texte qualifié de «&lt;i&gt;cinglant et visionnaire&lt;/i&gt;» en quatrième de couverture. La brièveté a pu séduire éditeurs et conseillers pédagogiques, puisque «&lt;i&gt;nos élèves ne liraient plus&lt;/i&gt;», seulement je ne suis pas très sûr de faire lire «&lt;i&gt;le chef d’oeuvre mineur&lt;/i&gt;», à l’instar de «&lt;i&gt;L’ami retrouvé&lt;/i&gt;», de Fred Uhlman. 
&lt;P&gt;
&lt;i&gt;Vous qui vivez en toute quiétude (...)
&lt;br&gt;
N’oubliez pas que cela fut(...)
&lt;br&gt;
Gravez ces mots (...)
&lt;br&gt;
Répétez-les à vos enfants.&lt;/i&gt;
&lt;P&gt;
Comment se souvenir ? Ecouter Primo Levi, Antelme, Semprun... qui après l’épreuve trouvent encore la force et le devoir et la sérénité... de dire ce qui fut. Textes rares, souvent tardifs, cernés de grands silences. A côté des monuments, beaucoup de malaises, en corniche de l’oubli, dans les éboulis, les cafouillis du souvenir au bord de la falaise. Il faut encore une santé pour dire le détraqué... 
&lt;P&gt;
Mauvaise dernière nuit. Lu le journal de Marguerite Duras, &lt;i&gt;La douleur&lt;/i&gt;... Retour de Déportation du mari, Robert Antelme. Résistance, Libération, De Gaulle dénoncé, François Mitterrand, il s’appelle Morland... Textes qui torturent. Comment se souvenir ?
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Je piétine...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/09/10#65111</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Le &quot;blogue&quot; &lt;b&gt;piétine&lt;/b&gt;, j'abandonne pour l'instant (curieux emploi du mot &lt;i&gt;instant&lt;/i&gt; pour dire la durée indéfinie) la restitution du journal d'un cycliste, je repousse les &lt;b&gt;empiètements&lt;/b&gt;, les &lt;b&gt;pièges&lt;/b&gt; (&lt;i&gt;prendre par la patte les animaux&lt;/i&gt;, espèces d'entraves...), je voudrais repartir d'un bon &lt;b&gt;pied&lt;/b&gt;, celui de la bohême...
&lt;br&gt;
Et encore, dans la famille de &lt;b&gt;PIED&lt;/b&gt; : &lt;i&gt;impedimenta, pitre, piètre, péage&lt;/i&gt; (droit de mettre le pied)... La main qui écrit fait oublier le pied... &lt;i&gt;&quot;Je ne suis qu'un piéton, rien de plus.&quot;&lt;/i&gt; A. Rimbaud 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Des Vosges aux monts Jura (2)...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/08/22#62273</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Les Vosges sont déjà lointaines... Une roche blanche surplombe le camping : le calcaire. Tout le jour, les jambes ont pesé lourdement sur les pédales, pour éprouver le nouvel équilibre, la trentaine de kilos supplémentaires sur les deux bicyclettes. Dans la brume du matin, il a fixé intensément le mont de Vannes, dernier chaînon des Vosges méridionales, scruté l’épaisseur infinie du paysage, l’envergure un peu inquiétante du voyage qui commençait. Dagobert, le chat noir des voisins, regardait aussi ces drôles de voyageurs, clamant la sédentarité derrière la vitre...
&lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/2Melisey85.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Dagobert...&lt;/b&gt;
&lt;P&gt;
	Pour ne rien oublier du pays, ils ont emprunté la route du bois de bouleaux : les écorces aluminées, les blocs erratiques, le bouillons blanc, le laurier de Saint-Antoine, la digitale pourpre disaient la terre siliceuse. 
	A Moffans, dernier regard sur les Vosges. Le petit caillou blanc de la chapelle de Ronchamp les assure d’un retour. Les ruisseaux sont nombreux et avec eux les moulins qui se sont effondrés pour la plupart. La toponymie rappelle leur importance : moulin Brûlé, moulin de Montby, non loin de la vallée du Doubs. 
&lt;br&gt;
	Des maisons fortes coiffent le sommet des collines : Grammont, Montby..., ils sont entrés en terre de vieille seigneurie. Mais de l’autre côté du Doubs, après Clerval, sur la petite route ombragée qui accède au plateau du Doubs, ils renouent aves une histoire plus populaire...
&lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/9Doubs85.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;&quot;Loin du boulot...&quot;&lt;/b&gt;
&lt;P&gt;
Des cabanons vivement colorés et baptisés avec humour abritent le repos dominical des ouvriers de l’industrie Peugeot. L’imagination se déploie surtout dans les jardinets ornés de faux puits, de moulins, de girouettes qui tournent au vent..., oeuvres réalisées avec des matériaux qui n’ont presque rien coûté : bidons, vieux pneus de voiture, coquillages, pierres, débris de vaisselle ou ferrailles qui ont franchi les barrières de l’usine pour devenir grille de jardin, porte, toiture, rambarde, enseigne, mobile surréaliste... Louis Pergaud eût aimé sans doute cette spontanéité nichée au pied du plateau, qui allie le merveilleux et le dérisoire et qui contraste étrangement avec les valeurs cossues «&lt;i&gt;d’en haut&lt;/i&gt;».
&lt;br&gt;
	En haut, il y a l’église frileuse de Gonsans, dont les murs sont recouverts de «&lt;i&gt;tavaillons&lt;/i&gt;», il y a les convois militaires qui regagnent le camp de Valdahon, il y a la prévoyance des «&lt;i&gt;Montagnons&lt;/i&gt;» qui coupent leur bois de chauffage... Et deux bicyclettes dévalent bientôt une nouvelle vallée profonde comme canyon... «&lt;i&gt;Fausse comparaison !&lt;/i&gt;  s’écrie la Tiote-géographe,&lt;i&gt; les vallées en terrain calcaire s’appellent des canyons.&lt;/i&gt;» 
&lt;br&gt;
	La chaleur aura été insidieuse qui, avec le petit vin d’Arbois, monte doucement des jambes à la tête... Ils sont bien partis. 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Des Vosges aux monts Jura (1)...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/07/01#48431</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
(Pour la suite, patienter dans l'été, juste le temps d'un aller-retour vers la Méditerranée...)
&lt;P
align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/4Montessaux85.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Renaissance...&lt;/b&gt;
&lt;P&gt;
&lt;P
align=right&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/113.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Comtoises...&lt;/b&gt;
&lt;P&gt;
&lt;i&gt;Assis sur de longues billes de sapin, à la sortie de Landresse (le village de Louis Pergaud), il hume la verdeur du Haut-Doubs : odeurs laitières, clarines, grosses fermes, nuages crémeux... et un air acidulé. Il imaginait pour &lt;i&gt;La guerre des boutons&lt;/i&gt; un décor de terres moins replètes, plus secrètes, une campagne de &lt;i&gt;Croquant&lt;/i&gt; étriquée par des vallonnements, des fourrés, des taillis, des «&lt;i&gt;fouillies&lt;/i&gt;»... et il découvre un plateau aux allures presque beauceronnes, version non frumentaire. Le compteur kilométrique de la bicyclette ne fonctionne plus, mais peut-être qu’on ne compte pas, ou plus, à cet endroit...&lt;/i&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Se faire la belle...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/06/19#47362</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/108.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Jouer la belle...&lt;/b&gt;

&lt;P&gt;
&lt;P
align=right&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/16Montessaux85.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;

&lt;i&gt;La Tiote-mère s’abîmait aussi les yeux devant deux superbes machines qui remisaient les clochards, leurs anciennes bicyclettes de basse-cour, couleur de ciel délavé et de bitume fatigué, à la fois dégingandées et balourdes avec leurs grandes roues fines et le barda-besace porté à l’arrière.
&lt;br&gt;
A présent, les belles sentent bon le caoutchouc, le cuir, l’huile et le métal fins. Trapues et confortables sur leurs petites roues et leurs larges pneumatiques bien crantés, elles paraissent toutes légères quand on les soulève, très aériennes, très équilibrées quand deux sacoches surbaissées bien rebondies flanquent la roue avant... 
&lt;br&gt;
Mais l’oeil déporté du phare éclipse bientôt l’allure de biplan : c’est l’oeil du mécanicien à la lucarne de sa loco qui déchiffre la grisaille du ballast, les kilomètres d’asphalte. Du côté des bielles, trois plateaux et six pignons sont prêts à toutes les moutures, à tous les battements de coeur. Et pour compléter cette robustesse fougueuse, des chromes scintillants, une couleur cardinalice, le grenat, une autre endiablée, le rouge «méphisto».
&lt;P&gt;
	Le voyage recommençait bel et bien, avec les feux de l’imaginaire qui illuminent, dans les confins froids et pluvieux de la Comté, la poisse du mauvais temps... Et puis l’été a chauffé la maison et c’était comme une ère nouvelle qui boursouflait le paysage après la glaciation du dernier hiver. Les fourmis dans les jambes, dans la tête déjà les cigales. Les grands-parents ont redécouvert un rôle antique et l’enfant ne demandait pas mieux, pour qui le cercle n’était pas encore principe de mouvement. Ça tournerait rond plus tard...
&lt;P&gt;
«Partez sur les routes !»&lt;/i&gt;
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>&quot;Partez sur les routes...&quot;</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/06/15#46961</link> 

						<description> 
 Retrouvaille d'un carnet de voyage à bicyclette et de photos en &lt;i&gt;noir et blanc&lt;/i&gt;... s'amuser à le réécrire et publier les images surannées (&quot;qui ont plus d'un an&quot;). Annoter peut-être ce récit...
&lt;P&gt;
...récit de bécane au bec de plume, car l'écriture ici n'a pas le temps, mais n'est pas non plus pressée... La bécane (qui grince) est entre le vélo rapide (véloce) et la bicyclette (deux petits cercles d'utilité).
&lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/7Montby85.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Et je suivais aussi ma route comme on danse
&lt;br&gt;
Mais en changeant de partenaire à chaque instant,
&lt;br&gt;
De haie en bois, de lac en ru, virevoltant
&lt;br&gt;
Sans dévier et sans ralentir la cadence.&lt;/b&gt;
&lt;br&gt;
J. Réda (&lt;u&gt;Le sens de la marche&lt;/u&gt;)
&lt;P&gt;
---------------------------------------------------------------------
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;FILE LA FRANCE&lt;/b&gt;
&lt;br&gt;
Carnet d’un voyage en France
&lt;br&gt;
(juillet 1985)
&lt;P&gt;

&lt;i&gt;Un jour, sur les routes picardes, trois cantonniers les ont bien amusés. En les voyant approcher, ils ont reposé leur pelle et l’un d’eux s’est écrié : « Al’est tillache, es Tiote là ! » Ce patois du Nord, (qu’on appelle le &quot;ch’timi&quot; / &quot;C'est-il moi ?&quot; et qui est transcrit ici au petit bonheur) pourrait signifier quelque chose comme : «Elle est résistante, vaillante... cette petite-là !»
&lt;P&gt;
	Depuis la naissance de l’enfant, la Tiote et son compagnon de cyclade avaient délaissé les routes, mais les invitations au voyage les brûlaient toujours. Celles du poète André Breton leur semblaient cependant trop ravageuses :&lt;/i&gt;
&lt;P&gt;
Lâchez tout
&lt;br&gt;
Lâchez votre femme, votre maîtresse
&lt;br&gt;
Lâchez vos espérances et vos craintes
&lt;br&gt;
Semez vos enfants au coin d’un bois
&lt;br&gt;
...
&lt;br&gt;
	Partez sur les routes.
&lt;P&gt;
&lt;i&gt;Ils souhaitaient l’errance, mais avec l’assurance d’un port d’attache. Car il y avait aussi, dans leurs voyages, le plaisir du retour. Déjà le voyage cyclique... De la mémoire des routes montait donc le rêve de périples nouveaux. Il aurait fallu les yeux de l’enfant pour que la maison restât le monde, le monde qu’on devisait dans l’alphabet des cartes routières, qu’on rêvait dans les marges des récits de voyage...&lt;/i&gt;


  
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>File les chemins...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/06/02#45783</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
&lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/107.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Un ciel bas et lourd...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/06/02#45782</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Oui, le temps maussade incite à reprendre les lignes du cahier : petites cellules blanches des carreaux, quadrillage bleuté, marge rouge... il y a toute une géographie de la page qui invite au voyage... mesuré,organisé. Il était temps... d’arracher doucement une des plumes de l’oiseau envolé dans le fabuleux printemps de mai... et d’écrire à nouveau dans ce petit coin d’écran. 
&lt;br&gt;
	Evasion, contention... départ, retour... harmoniser ces pulsations contraires.
&lt;P&gt;
En rapport avec l’écran d’Internet, ce texte étonnant du XVIIe siècle, signé François Bacon :
&lt;P&gt;
«&lt;i&gt;Les philosophes qui se sont mêlés de traiter des sciences se partageaient en deux classes, à savoir les empiriques et les dogmatiques. L'empirique, semblable à la fourmi, se contente d'amasser et de consommer ensuite ses provisions. Le dogmatique, semblable à l'araignée, ourdit des toiles dont la matière est extraite de sa propre substance. L'abeille garde le milieu; elle tire la matière première des fleurs des champs et des jardins; puis, par un art qui lui est propre, elle la travaille et la digère. La vraie philosophie fait quelque chose de semblable ; elle ne se repose pas uniquement ni même principalement sur les forces naturelles de l'esprit humain, et cette matière qu'elle tire de l'histoire naturelle, elle ne la jette pas dans la mémoire telle qu'elle l'a puisée dans ces deux sources, mais après l'avoir aussi travaillée et digérée, elle la met en magasin. Ainsi notre plus grande ressource et celle dont nous devons tout espérer, c'est l'étroite alliance de ces deux facultés : l'expérimentale et la rationnelle.&lt;/i&gt;» (Bacon, &lt;u&gt;Novum Organum&lt;/u&gt;, 1620, I, 95.
&lt;P&gt;


 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Fumées et nuages...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/05/27#45220</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/105.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P
align=right&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/106.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le &quot;bouquet misère&quot;...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/05/17#44352</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
J'aime la petite confusion involontaire (et paronymique, disent les savants ?) relevée aujourd'hui sur une copie d'élève de 6e... qui avait dû entendre parler du bouc émissaire et qui a intitulé son petit texte de théâtre : &quot;&lt;b&gt;Le bouquet misère&lt;/b&gt;&quot;...
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Un lac de silence...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/05/15#44236</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/104.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>&quot;Tu vivras caché!&quot;</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/05/15#44235</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Curieusement, je viens de lire «&lt;u&gt;Soie&lt;/u&gt;» après «&lt;u&gt;La lenteur&lt;/u&gt;», de M. Kundera. 65 et 51 petits chapitres... sur l’insoupçonnable légèreté de certaines vies. Une légèreté qui n’est pas frivolité ou papillonnage, mais une sérénité portée comme couleurs d’oiseaux ou pruine sur les fruits mûrs... Un secret éloigné des coffres-forts ou même des grandes portes noires du Buffet de Rimbaud («&lt;i&gt;C’est un large buffet sculpté...&lt;/i&gt;»)..., qui me rappelle peut-être cet autre livre (&lt;u&gt;Vie secrète&lt;/u&gt;, de Pascal Quignard) qui commence ainsi : 
&lt;br&gt;
«&lt;i&gt;Les fleuves s’enfoncent perpétuellement dans la mer. Ma vie dans le silence. Tout âge est aspiré dans son passé comme la fumée dans le ciel.&lt;/i&gt;»... longue version cette fois de l’unique essai d’amour que constitue la vie... («&lt;i&gt;La vie de chacun d’entre nous,&lt;/i&gt; écrit Quignard, &lt;i&gt;n’est pas une tentative d’aimer. Elle l’unique essai.&lt;/i&gt;»)
&lt;P&gt;
	Le titre «&lt;u&gt;Soie&lt;/u&gt;» est tombé sur ma table comme un pollen et l’on voit bien qu’on ne répond jamais correctement à certains questionnaires d’opinions («&lt;i&gt;Comment avez-vous découvert ce livre... ?&lt;/i&gt;»).... Le petit «folio» de Baracco est entré chez moi par diverses mains et signes complices, qui ont cheminé par le Canada, l’Allemagne, la France... et il y a encore l’Italie de l’auteur, le Japon et le Vivarais du personnage... donc tout plein de voix et de fils ténus.
&lt;P&gt;
	Le roman de Kundera soutient que le XVIIIe siècle était déjà dans le culte de la communication et «&lt;u&gt;Les liaisons dangereuses&lt;/u&gt;» de Choderlos de Laclos sont examinées dès la page 19 : «&lt;i&gt;Rien dans ce roman ne demeure le secret exclusif de deux êtres ; tout le monde semble se trouver à l’intérieur d’une immense coquille sonore où chaque mot soufflé résonne, amplifié, en de multiples et interminables échos. On me disait quand j’étais petit qu’en posant un coquillage contre mon oreille j’entendrais l’immémoriale murmure de la mer. C’est ainsi que dans le monde laclosien toute parole prononcée reste audible pour toujours. Est-ce cela le XVIIIe siècle ? Est-ce le paradis du plaisir ? Ou bien l’homme, sans s’en rendre compte, vit-il depuis toujours dans une telle coquille résonnante ? En tout cas, une coquille résonnante, ce n’est pas le monde d’Epicure qui ordonne à ses disciples : «Tu vivras caché !&lt;/i&gt;»
&lt;P&gt;
	La lecture de«&lt;u&gt;Soie&lt;/u&gt;» s’effiloche par cette dernière phrase: «&lt;i&gt;Parfois, les jours de vent, Hervé Joncour descendait jusqu’au lac et passait des heures à le regarder, parce qu’il lui semblait voir, dessiné sur l’eau, le spectacle léger, et inexplicable, qu’avait été sa vie.&lt;/i&gt;»
 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>L'humble pavot de l'Est...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/05/10#43908</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/99.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P
align=right&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/98.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Coquelicots...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/05/09#43831</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/100.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Le coquelicot... le coq, son cri cocardier, sa crête rouge... l’animal gaulois toujours monté sur ses ergots parraine le petit pavot sauvage qu’on appelle COQUELICOT. La fleur rouge me semble pourtant peu encline à la guerre, peu chauvine, même pas un tout petit coq des champs. 
&lt;br&gt;
Nulle garde républicaine à l’entrée verdoyante du pré, mais un reste de drapeau rouge. Quelques larmes cramoisies scintillent aux barricades barbelées du champ : minuscules taches d’anarchie, petite fleur de Gavroche... Le général Boulanger ornerait plutôt sa boutonnière d’une tulipe, fleur schématique et droite. Le coquelicot, c’est un froufrou de Pigalle ou du Moulin Rouge sur l’herbe des talus, une bouffée communarde au pied des vieux murs, une petite fleur de l’humilité...
 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Blanc, jaune, rouge...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/05/01#43258</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/97.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Une troisième couleur va bientôt se lever dans les blés verts et dans l'herbe des talus : le rouge... Coquelicots pour ajouter au muguet du jour... 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Un air de colza...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/30#43198</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/96.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
La palette culturale des pays agricoles s'est très certainement uniformisée, assombrie aussi dans l'enrésinement... Contrastent avec le vert des bois les grandes emblavures jaunes du colza, qui n'étaient autrefois que petites touches blondes, dorées... le jaune d'or des colzas et des navettes, qui voisinait avec le bleu des lins, le vert blanchâtre des chanvres, le blanc rosé de la moutarde, le violet des luzernes... un arc-en-terre, une écharpe d'Arlequin. Un jaune trop étendu peut faire bilieux, cireux... c'est toute l'ambivalence de cette couleur. Un jaune, c'est aussi un traître, mais au printemps, les couleurs de pastel ne trompent pas encore...  
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>L'épine noire...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/26#42930</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/95.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Il faut s'approcher des haies pour apercevoir le bois noir des pruniers sauvages et -plus tard- la prunelle bleu nuit qu'on cueillera gelée pour la liqueur... En ce moment, c'est une mousseline blanche qui enrobe le barbelé des clôtures. Ainsi au coeur de la candeur, le noir épineux... 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>&quot;J'aime les nuages...&quot;</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/24#42774</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/90.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;

&quot;- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger? 
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... les merveilleux nuages!&quot; (Baudelaire) 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Des nuages dans les arbres...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/23#42721</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/92.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P
align=right&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/91.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Maussade et capiteux...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/19#42388</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/94.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;i&gt;Maussade&lt;/i&gt;, «&lt;i&gt;mauvaise saveur&lt;/i&gt;»… j’aime toutes ces origines concrètes de mots, attachées aux choses avant d’être mises sur orbite intellectuelle –ainsi la saveur qui précède le savoir, le goût qui devance la raison… Temps maussade, nuageux qui n’empêche pas une  petite escapade à bicyclette. 
&lt;br&gt;
La route est mouillée par endroits, on passe entre les gouttes. Et dans l’ombre humide du bois, et dans les jardins… l’éclatement du printemps. L’épine noire et les cerisiers en fleurs sont comme montés en neige…, mais c’est une autre métaphore (de J. Renard) qui me revient toujours en tête, sans que je me rappelle la phrase de son journal… L’auteur des &lt;u&gt;Histoires naturelles&lt;/u&gt; parle des arbres &lt;i&gt;saouls de blancheur&lt;/i&gt;… &lt;i&gt;saoulaison&lt;/i&gt;, un néologisme qui pourrait remplacer la piteuse &lt;i&gt;saoulerie&lt;/i&gt;, encore plus capiteuse quand grondent les premiers orages du printemps. 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Un arbre dans les nuages ...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/18#42321</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/93.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>&quot;Livre d'images des rêves lourds...&quot;</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/18#42318</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Sur le carnet informatique (il faut bien éviter le mot «&lt;i&gt;blog&lt;/i&gt;» ?), les images ralentissent ou finissent par effacer l’écriture. Le carnet devient album (album numérique ?), car l’harmonie du texte avec les photos ne s’établit pas facilement. Que l’image vienne à dominer, et le texte devient commentaire, légende, titre… Le texte l’emporte ? Alors l’image vient perturber la lecture. Ces remarques concernent peut-être plus particulièrement les images photographiques et beaucoup moins les dessins, qui complètent souvent heureusement le texte d’une histoire. Car lettres et dessins sont de même nature ? …et peuvent s’emmêler plus sûrement que l’encre avec la lumière ?
&lt;br&gt;
	Le livre que j’ai sous les yeux propose un extraordinaire voyage du regard parmi le monde de la machine et de l’ouvrier, au temps de la seconde industrialisation française (l’électricité après la vapeur) : &lt;u&gt;La France industrielle / Gens des ateliers et des usines. 1890-1950&lt;/u&gt; (450 photos…, éd. du Chêne, 2003). Le regard se perd pour lire les commentaires éclairés et chaleureux de Denis Woronoff, historien des techniques, il faut se mettre sur un autre mode de lecture, d’autant plus différent que le commentateur est séparé du photographe. On imagine une œuvre différente –et une autre lecture- si l’écrivain travaillait de concert avec le photographe (Tournier et Boubat en donnent un exemple)…
 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : érosion...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/10#41849</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/85.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Le &lt;b&gt;paysage&lt;/b&gt;, une inscription de l'homme sur un coin de page déjà toute raturée, bouleversée, chiffonnée...
&lt;P
align=right&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/87.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : les eaux mêlées...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/06#41515</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/89.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Jusqu’en 1959, les chefs-lieux de canton disposaient, en France, d’une &lt;i&gt;justice de paix&lt;/i&gt;… En Espagne, chaque village avait aussi son tribunal, mais qui réglait exclusivement les conflits relatifs au partage de l’eau : des &lt;i&gt;tribunaux d’eau&lt;/i&gt;… Les jardins, la fraîcheur des patios, les fontaines, les aqueducs, les norias… tout un art hydraulique s’est développé au pays de l’eau chiche… 
&lt;br&gt;
J’aime le vin de la Rioja, mais l’Espagne m’a aussi laissé comme un goût éperdu de l’eau rare, de l’eau qui ravine, de l’eau qui ravive… 
&lt;P&gt;
Je dévale une sierra brûlante, les outres qui gonflent les sacoches sont vides… Arrêt devant une ferme isolée, le paysan s’absente assez longtemps dans le noir d’une cave… et revient enfin, avec les gourdes remplies d’une eau fraîche, parfumée à l’écorce d’orange… Madeleine dans le thé, écorce d’orange dans l’eau fraîche… pour tremper les souvenirs. 
&lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/84.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Une autre image des techniques...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/05#41414</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Un seul objet technique ne saurait bien sûr refléter tout le travail d'un pays (ici la Roumanie)... Sur les grands plateaux castillans, il faut souvent lutter contre le vent; un  magnifique champ d'éoliennes m'a rappelé que Don Quichotte, dans sa fameuse lutte contre les moulins à vent, s'opposait plus sûrement à l'innovation, à la modernité technique... ; Don Quichotte est un chevalier du côté de la tradition. Son écuyer Sancho, d'apparence plus épaisse que le maître,  manie la critique habilement; Sancho est un artisan ami des techniques...  et l'éolienne moderne doit beaucoup à l'esprit vif de l'écuyer trapu qui s'appelle Sancho Pança...     
&lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/86.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : filles du vent...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/05#41412</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/76.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Quand les techniques apprivoisent les fleurs, que l'énergie se niche dans les formes graciles... 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : une douce violence...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/04#41323</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/81.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Encore quelques morceaux iréniques de la terre d’Espagne, touches pastels, qui éloignent des arènes… et le Z comme Zorro d’un village andalou...
&lt;P
align=right&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/77.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Carnet de guidon : retour au pays...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/01#41128</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
J’ai repris la route, les chemins de mon département, un jour chaque semaine, sur ma bicyclette… et le temps de printemps me manque pour suivre le soir, après l’étape, les sentiers d’écriture. Avant-hier, c’était les bords de Saône, des villages en cours de restauration, avec de grosses fermes branlantes, flanquées de tours médiévales… des villages désertés avec quelques tracteurs solitaires au milieu des grands champs. Un petit cimetière abandonné au milieu du bois, une porte de cuisine entrouverte et une jeune femme qui repasse dans la lumière, un transistor posé sur une chaise dans la cour de ferme et un air d’accordéon, quelques vieillards qui gratouillent une plate-bande, des bûcherons qui confirment la bonne direction : «&lt;i&gt;Oui, tout droit, dans le bois…&lt;/i&gt;» C’est l’incroyable tranquillité du pays qui étonnait ce jour-là, une tranquillité vibrante de villages sans moteur, de villages au cœur de granges vides…  
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : sur le seuil des espaces...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/04/01#41126</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/74.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
«&lt;i&gt;L’errance est l’ultime refuge de notre mémoire du futur. Elle seule vous permettra, sur le seuil des espaces à naître, de dormir dans le chaud des mythes, plein de villages sous les paupières.&lt;/i&gt;» (Jacques Lacarrière, &lt;u&gt;Errances&lt;/u&gt;/1983) 
&lt;P
align=right&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/75.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : vélo andalou...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/29#40796</link> 

						<description> 
 &lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/82.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 


&lt;a href=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/carnetandalou.htm&quot;&gt;...et cliquer pour lire le carnet...&lt;/a&gt;
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : les couleurs de la meseta...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/29#40777</link> 

						<description> 
 &lt;P align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/78.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;

&lt;P align=right&gt;&lt;IMG
src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/80.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
Blés, oliviers, prés, tournesols… les cultures de la meseta revêtent de couleurs les immensités planes de l’intérieur. Une mosaïque de pastels ravive et réchauffe doucement le regard, qui allait se perdre et sombrer au large d’une terre sans fin, qui prend le voyageur comme une mer… La marqueterie de l’olivier, avec son esprit de géométrie pointilliste, a failli cependant avoir raison de mon équilibre. Comment rêver dans un paysage qui interdit à ce point la friche et la lande ? qui arase le fourré et la zone d’ombre ? Il reste le village et son bistrot pour se soigner de l’excessive dénaturation du pays ; attendre Godot ou le petit imprévu qui meublera le jour si monotone…

&lt;P
align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/79.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : la &quot;meseta&quot;...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/27#40620</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/72.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
«…&lt;i&gt;On voit bien, répondit don Quichotte, que tu n’es pas expert en fait d’aventures : ce sont des géants, te dis-je ; si tu as peur, ôte-toi de là et va te mettre en oraison pendant que je leur livrerai une inégale et terrible bataille.&lt;/i&gt;»
&lt;P&gt;
La &lt;i&gt;meseta&lt;/i&gt;... une grande table, dressée à une altitude moyenne de 700 mètres... et les &lt;i&gt;sierras&lt;/i&gt; qui hérissent ici et là ce grand plateau. 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes :  &quot;délirer&quot;...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/26#40556</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/73.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
...&quot;&lt;i&gt;lira&lt;/i&gt;&quot;, c'est le sillon des Latins; &quot;&lt;i&gt;délirer&lt;/i&gt;&quot;, c'est donc, pour le laboureur, quitter le sillon, le droit chemin de la terre, le sentier battu, la raison humble... Le contemporain de la machine à vapeur pourra dire: &quot;&lt;i&gt;dérailler&lt;/i&gt;&quot;... et la divagation paraît plus rude, plus brutale... Que devient l'errance aujourd'hui ?... 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : calligraphie...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/15#39625</link> 

						<description> 
 &lt;P align=left&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/70.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
...Venant de la France de l'Est, le promeneur qui pénètre pour la première fois en Espagne découvre un paysage léger, clair comme une robe d'été. Il a quitté les fourrés épais, le couvert forestier, l’humus spongieux des terres germaniques ; la dure écorce et le cuir solide des clairières métallifères… Il a troqué le pantalon tanné d’Attila pour la toge méditerranéenne tissée… et j’ai vu dans le paysage toute cette différence de texture...
&lt;br&gt;
Les paysans plus jardiniers que laboureurs ; scribes inlassables de la terre, qui effritent depuis des siècles la mince couche de sol, et le palimpseste agricole qui maintient toujours plus difficilement les  fragiles inscriptions de l’homme. 
&lt;br&gt;
	Autour de Jaën, la calligraphie pointilliste de l’olivier…
&lt;P align=right&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/71.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes : Roseaux, coquelicots...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/12#39310</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/68.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/69.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;b&gt;...rochers et graminées.&lt;/b&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Espagnes...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/11#39218</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
«&lt;i&gt;Il y a un peu d’inquiétude et de mort dans ces villes silencieuses et oubliées. Je ne sais quel son profond de cloche enveloppe leur mélancolie… Les distances y sont courtes, mais harassantes pour le cœur ! (…)
&lt;br&gt;
	Les campagnes, immense symphonie de sang séché, sans arbres, sans note de fraîcheur, sans repos pour l’esprit, pleines d’oraisons superstitieuses, de chaînes brisées, de villages énigmatiques et d’hommes nostalgiques, rejetons pénibles d’une race colossale et d’ombres augustes et cruelles… Tout ici n’est qu’angoisse, aridité, pauvreté et puissance… Campagnes interminables, toutes rouges, pétries dans un sang issu d’Abel et de Caïn… Et, au milieu, les villes rouges, à peine perceptibles.&lt;/i&gt;» Federico Garcia Lorca, &lt;u&gt;Impressions et paysages&lt;/u&gt; (premières lignes du premier livre de LORCA, paru en 1918)…
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/67.jpg&quot;&gt;&lt;/p&gt;

 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Carnet de guidon...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/10#39115</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/Elsa.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Hier, très belle journée de vacance… Départ à bicyclette dans la lumière et la gelée, cap sur la plaine… Petites routes couvertes de boue, fermes décrépites, vieilles demeures branlantes : c’est le paysages des anciennes terres de seigneurerie.
&lt;P&gt;
«&lt;i&gt;Les Tilleuls&lt;/i&gt;» sont une belle surprise : un vrai petit bistrot d’antan, avec une cinquantaine de convives, des travailleurs de plein air pour la plupart… et le cuisinier, qui participe au service, peut se moquer gentiment du seul portable qui aura grésillé dans l’heure de déjeuner : «&lt;i&gt;Moi, j’ai déjà mangé… ça ne me restera pas sur l’estomac !&lt;/i&gt;» Un pot au feu succulent, des plats qui volent dans une brassée de sourires…
&lt;P&gt;
Au pied de la colline, dérangement de 5 chevreuils embusqués derrière l’épine noire… leurs postérieurs tout blancs dansent comme feux follets jusqu’à l’horizon des prairies…
&lt;P&gt;
	Au centre de ce village, l’affiche du film &lt;i&gt;Nathalie&lt;/i&gt; (E . Béart, en tenue d’ «entraîneuse»)… regarde l’enterrement bien réel qui se déroule en face : parvis de l’église noir de monde, étole blanche du curé qui console la famille, et les cloches qui ébranlent «&lt;i&gt;la paix des pâtis semés d’animaux&lt;/i&gt;»…
&lt;P&gt;
	Sur les talus, la rosée bleutée des premières taches de véroniques, et puis l’odeur de la terre fraîchement labourée…
&lt;P&gt;
	En fin de parcours, le ciel s’est plombé, et quelques flocons ont voltigé dans mes rayons…


 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>&quot;Dessus riviere ou sus estan&quot; (Villon)...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/08#38918</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/62.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Echo parlant quant bruyt on maine
&lt;br&gt;
Dessus riviere ou sus estan,
&lt;br&gt;
Qui beaulte ot trop plus qu’humaine.
&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
	Villon (&lt;u&gt;Ballade des dames du temps jadis&lt;/u&gt;)
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/66.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
Plateau tout miroitant d’étangs, rivières, ruisseaux et rus cascadant sur les pentes… mon pays s’étire entre paresse et soubresauts, caressé d’eaux calmes, souffleté d’eaux vives…
&lt;br&gt;
Dans &lt;i&gt;étang&lt;/i&gt;, je peux entendre &lt;i&gt;étant&lt;/i&gt;… et les 1000 étangs de mon pays deviennent sa nature profonde, en surface limpides, tourbeux en profondeur… Remuer la vase et le trouble monte, l’eau s’irrite, le miroir se brouille…
&lt;P&gt;
Si la &lt;i&gt;riviera&lt;/i&gt; est proche de la mer, la &lt;i&gt;rivière&lt;/i&gt; (rive) est d’abord la région qui borde le cours d’eau et la course finit par emporter le mot : le cours devient la rivière… Ainsi notre rêverie est entraînée à la surface de la terre, devient un regard éveillé… et Narcisse se lève, se met à bouger, à marcher… Eaux vives, artisanes du pays…
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>De profundis...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/07#38825</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
C’est reparti sur la bicyclette… Vu cet après-midi le style hétéroclite des fermes de mon pays, celles qui survivent encore, non restaurées par les citadins suisses ou allemands… Avec le purin dégoulinant dans la cour, les volailles qu’on n'empêche pas de s’égailler, les carcasses de plusieurs générations de machines agricoles, les ballots de foin plastifiés… Dans l’enclos d’un petit jardin, une vieille dame bouge péniblement et semble observer la terre noire toute piquetée de perce-neige… Un peu plus loin, une autre dame dans le pré cueille les premiers pissenlits… 
&lt;br&gt;
Si je ne me trompe, chatons blancs pour les saules, chatons jaunes pour les noisetiers, chatons rouges pour les aulnes... Comme une aube teintée de pastel blanc, jaune, rouge qui se lève dans la lumière pour adoucir le camaïeu du blanc et du noir de l’hiver…
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/60.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Autres sujets, auxquels j’ai pensé incidemment ces derniers jours :
&lt;br&gt;
 le tremblement de terre du 23 février 2004 qui s’est produit dans le Grand Est français ; un an exactement après la précédente secousse. Nous avons pensé -nous trouvant ce jour-là à 15 km de l’épicentre- à un «mur du son» prolongé… Pas de victimes, pas de dégâts, une grosse panique dans les ascenseurs de la ville proche privée d’électricité, et un nombre incroyable de personnes qui appellent immédiatement les pompiers…
&lt;br&gt;
Je viens de lire «&lt;u&gt;La guerre aux papiers&lt;/u&gt;», un beau roman de l’auteur suisse Charles-Ferdinand Ramuz, paru en 1943, qui raconte l’insurrection des paysans vaudois au début du XIXe siècle contre les châteaux et les privilèges seigneuriaux. La gelée fait vite retourner les paysans sur leurs terres ; une émeute printanière vaincue par la nature… Je lis dans la postface :
&lt;br&gt;
«&lt;i&gt;…regard inflexible et dur porté et ramené sur tout ce qui est sale et moche dans la vie politique, les chaussettes trouées et les maisons abandonnées de tous ceux qui se consacrent au bien public dans la fausse lumière de la notoriété.&lt;/i&gt;»
&lt;br&gt;
Alors, dire que la nature est plus forte que la politique, idéologie réactionnaire ou pas ? …et ce livre et cette idée me font penser à Giono, à Knut Hamsun… et je me rappelle encore ce détail : un homme politique local, qui fut ministre,  animait une réunion publique et la personne qui m’en parlait n’avait vu que la chaussette trouée. Il y aurait peut-être tout un débat  sur «chaussettes trouées et cravate empesées»… Il y a peut-être aussi une manière douce de porter la cravate lâche… comme chaussette trouée. Je me rappelle encore la traversée de &lt;b&gt;Panissières&lt;/b&gt;, village de la Loire, capitale de la cravate…
&lt;br&gt;
 Retrouver ce que Freud disait de la cravate. 
&lt;P&gt;
	Bourdieu contesté sur ses marges par Bernard Lahire qui publie : &lt;u&gt;La culture des individus – Discordances culturelles et distinction de soi&lt;/u&gt;… Le même individu peut aimer l’opéra et regarder les pubs à la télé ; culture populaire et culture savante voisinent le plus souvent chez la même personne… et l’on se perd ainsi délicieusement entre le haut et le bas.
&lt;P&gt;
Brel, Brassens, Barbara, Ferré… Claude Nougaro vient de les rejoindre. Tous écoutés, aussi bien par le Polytechnicien que par l’électricien, la haute couture et la midinette… Leur culture épousait justement tous les reliefs, vaste comme un pays… harmonie des sommets et des vallées. Nougaro de Toulouse disait qu’il pratiquait &lt;i&gt;un art mineur&lt;/i&gt;… et ajoutait: «&lt;i&gt;…de fond !&lt;/i&gt;»
&lt;P&gt;
Retenu dans la presse de cette semaine ces mots encore : «&lt;i&gt;horizontalité du paysage… verticalité de la géologie : abscisses et ordonnées d’un pays».
&lt;P&gt;
De profundis…
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>George Steiner et l'Internet...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/03#38466</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/65.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Quelques mots à propos d’Internet sous la plume d’un grand humaniste de notre temps, George Steiner… 
&lt;P&gt;
«&lt;i&gt;De manière fascinante, les médias interactifs, susceptibles d'être corrigés et interrompus, les traitements de texte, les textualités électroniques de l'Internet et du Web pourraient bien marquer un retour (…) à l'oralité. Les textes qui passent à l'écran sont, en un sens, provisoires, inachevés. Ces conditions peuvent restaurer les éléments d'un authentique enseignement tel que le pratiquait Socrate et que Platon le mit en scène. Dans le même temps, cependant, les «lettres» électroniques, avec leurs capacités illimitées de stockage de l'information et de consultation, avec leurs banques de données, militent contre la mémoire. Et l'écran lui-même ne possède jamais cette vie que Platon ou Lévinas jugent indispensable dans toute rencontre féconde entre maître et disciple.&lt;/i&gt;» Georges Steiner, &lt;u&gt;Maîtres et disciples&lt;/u&gt; (pp. 41-42 / &lt;i&gt;Origines durables&lt;/i&gt;… Gallimard, 2003)
&lt;P&gt;
L’usage du monde, c’est suivre un «réseau de communications» en habit d’Arlequin, sur une terre toute couturée de chemins variés, qui vont du goudron lisse à l’ornière profonde, du murmure des lèvres aux &quot;bits&quot; infiniment silencieux… Un tel cheminement pour éviter l’arlequinade…
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chimères...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/03/02#38439</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/57.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Se coucher en automne au bord de l’étang, et tout un peuple nouveau se lève, comme au faîte des arbres de l’Amazonie… Merlin enchante souvent ainsi la vase des étangs, illumine la poisse du mauvais temps... et à fleur d’eau les escarboucles de mille chimères.
&lt;P&gt;
&quot;&lt;i&gt;Autrefois quand l’automne
&lt;br&gt;
Etait sève pesante et comme un corps coupé
&lt;br&gt;
Dont le sang lentement partait par les sous-bois,
&lt;br&gt;
…&lt;/i&gt;&quot;
(Guillevic, &lt;u&gt;Terraqué&lt;/u&gt;, 1942)
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>La fin de l'hiver...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/28#38195</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/58.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Je taille la haie au bord du ruisseau ; d’un claquement de bec, le sécateur anéantit une année d’effort vertical… Sur le pré, une jonchée de surgeons, des brassées de baguettes qui brûleront bientôt et la fumée sera bonne pour les fruitiers du verger. De nombreux nids cachés dans le feuillage brun des charmilles, qu’il faut enlever car les oiseaux ne reviennent pas au même endroit … C’est encore le froid de l’hiver, un bon temps pour élaguer, et le bûcheron bientôt passera du bois au jardin.
&lt;P&gt;
	«&lt;i&gt;Ce n’est qu’un moment, un féerique mensonge de lumière, qui passe en même temps que la première heure du jour.&lt;/i&gt;» (Colette, &lt;u&gt;La maison de Claudine&lt;/u&gt;)
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>&quot;Marcelle... fait la vaisselle&quot; (Bobby Lapointe)...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/27#38089</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/59.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Une multitude de petits étangs caractérisent le paysage que j’habite, héritiers du travail des glaciers burineurs de la dernière glaciation quaternaire, mais aussi de la peine des paysans intéressés à la réserve piscicole dès le Moyen-Age. Je lis ce matin une des plus anciennes traces écrites portant sur un étang …qui repose toujours sur le plateau dominant mon village. L’orthographe de son nom a varié au cours des âges :  &lt;i&gt;Marsoille, Mercoille, Mercelle&lt;/i&gt;… et aujourd’hui &lt;i&gt;la Marcelle&lt;/i&gt;… : «… &lt;i&gt;ou milieu dicelli estang, a une fosse ronde plainne d’aigue gittens, qui a environ XXX piez d’overture par dessus et environ XXVI pies de parfont, ou li poisson se retrait…&lt;/i&gt;» Cette mention remonte à 1384-1385 et, en 1441, ce même étang est décrit comme une «&lt;i&gt;place en manière d’abîme&lt;/i&gt;». Les profondeurs comme les hauteurs étaient sans doute perçues avec une inquiétude absente de notre regard moderne ; les étangs de ma région (à la différence de ceux des Dombes, de l’Alsace ou de la Brenne) ne sont pas non plus simples étendues d’eaux stagnantes et dormantes… Le temps, l’histoire ne métamorphosent pas seulement les mots mais aussi le regard porté sur les choses. Ainsi le paysage devient une lecture, un entrelacs de lectures, une manière de lire et de faire naître du sens dans l’espace…
&lt;P&gt;
La surface gelée des étangs ressembaient hier à de la vaisselle cassée et tout cependant respirait la tranquillité...
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Photos d'instants...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/26#38047</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Ecrire comme on photographie... Essai avec mes élèves de collège (14-15 ans) à découvrir sur :
&lt;P&gt;
&lt;a href=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/zones.htm&quot;&gt;Zones collégiennes, zones quotidiennes&lt;/a&gt;
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Refléter, réfléchir, changer de direction...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/26#38042</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/50.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Un simple reflet des arbres dénudés, dans l’étang, une fin d’après-midi de l’hiver… Une lumière entre chien et loup, un ciel nuageux, le friselis du vent à la surface de l’eau, quelques branchages squelettiques… Tous ces éléments ne font pas un tohu-bohu triomphant (pas une image épique, aucune volonté expressionniste…), non plus une synthèse idéale. Un simple reflet, une représentation donc… mais qui n’est pas un filtre savant et prémédité de la réalité sensible. «&lt;i&gt;Clic-clac !… Merci M. Kodak.&lt;/i&gt;»
&lt;P&gt;
La photo fait dans le bref et l’instant n’est pas forcément décisif, et l’image ne saisira pas obligatoirement… Tant pis, on recommencera.
&lt;P&gt;
Au début, il y a le blanc (de la page, de la toile…) ou le silence ; une lettre, une touche, une note s’ajoute… Un texte, une peinture, une musique apparaît… Des expressions qui procèdent par adjonction et risquent continuellement la lourdeur. Curieusement risque aussi de peser la sculpture, qui procède pourtant par enlèvement de matière. La photo ne serait qu’une effraction dans le temps du monde ? Un léger fric-frac, une pellicule tombée de la terre…
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Une petite pelle d'irrigation...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/22#37706</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/56.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Je consacre du temps à lire des livres d’histoire, pense (intuitivement et sommairement) que l’historien règne au XXe siècle et le romancier au XIXe… (en France). Un siècle pour Balzac, Flaubert… et le suivant pour Lucien Febvre, Marc Bloch, Braudel… Je viens de refermer un douzième roman de Dhôtel, &lt;u&gt;La tribu Bécaille&lt;/u&gt; (1963)… et repars en littérature, toujours aussi enchanté par ce monde dhôtélien qu’une lumière effleure sans éblouir et où les gens passent sans peser. Modestie de la réalité, discrétion de la parole ; désenglué du réel mais non volatilisé dans le merveilleux. On garde raison et, quand on la dépasse, ce n’est pas le grand lyrisme, le pathos, la folie, le débridement surréaliste, le bateau ivre, les tohu-bohus triomphants… Nous sommes bien dans un roman du XXe, dans la mesure où le XIXe siècle manque … de mesure justement. 
&lt;P&gt;
Car pour se distinguer d’autrui, les individus se démènent souvent outrageusement pour émerger du lieu commun et de la banalité. Dans les temps démocratiques qui succèdent aux siècles d’aristocratie, il faut reconstruire, replisser l’identité de l’individu, retrouver des montagnes jeunes… et tous les dandys et autres Rastignac de rivaliser, avec parfois le fantastique qui suinte dans les déchirures du réalisme (et c’est &lt;i&gt;le Horla&lt;/i&gt; de Maupassant, le vampirisme de Thérèse Raquin…). Ce schéma doit bien continuer au XXe siècle, avec un désenchantement qui va jusqu’à l’absurde (&lt;i&gt;L’Etranger&lt;/i&gt; de Camus, &lt;i&gt;La Nausée&lt;/i&gt;…). On comprend alors la nécessité de se soigner en poésie. «&lt;i&gt;Je n’ai jamais cherché une forme, nouvelle ou pas. (…) le travail consistait beaucoup moins à bâtir, à forger, à ériger une œuvre qu’à permettre à un courant de passer, qu’à enlever des obstacles, à effacer des traces…&lt;/i&gt;» Ainsi Ph. Jaccottet définit une poétique de l’effacement que le roman humble de Dhôtel me semble traduire magnifiquement…
&lt;P&gt;
Est-ce que la légèreté de l’écriture informatique ne permettrait pas aussi l’effacement ou l’atténuation des pleins et déliés de l’ego ? Certains diront que le poème sur la page renvoie un autre regard, une autre présence…  et que les icônes sur l’écran ont un défaut de parole ou une qualité de silence infini… qui effraie…
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Les premières fleurs...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/18#37443</link> 

						<description> 
 &lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/53.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Le poète Jaccottet cite, dans &lt;u&gt;Cahier de verdure&lt;/u&gt; (Gallimard, 1990), le petit poème japonais suivant :
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;
En ce monde nous marchons
&lt;br&gt;
sur le toit de l'enfer
&lt;br&gt;
et regardons les fleurs.&lt;br&gt;&lt;/b&gt;
&lt;P&gt;
… et de commenter : «&lt;i&gt;On pourrait en venir à dire cette chose folle, qui paraîtra indécente aujourd’hui, qui l’aurait été de tout temps, car il y a longtemps que l’enfer a émergé à la surface de notre monde : qu’elles parlent plus haut que lui ; ou qu’elles parlent de ce qui pourrait l’emporter à la fois sur elles et sur lui.&lt;/i&gt;»
&lt;P&gt;
La connivence est grande avec André Dhôtel. Je relève dans &lt;u&gt;La tribu Bécaille&lt;/u&gt; (folio p. 347) cet autre message des fleurs, vers la fin de l’hiver : 
&lt;P&gt;
«&lt;i&gt;Malgré l’hiver on restait là parce qu’on aimait tout ce qu’il y a dans la campagne, les roseaux secs, l’herbe encore verte par endroits, les peupliers là-haut seuls dans le ciel. On pouvait même voir sur le talus une pâquerette qui avait poussé dans la pluie au début du mois et que la gelée avait seulement refermée. La paix d’une pâquerette en hiver, et la paix des yeux d’Emilie c’est quelque chose de si beau que nous avons tout juste le droit d’y croire. On pourrait aussi penser à une plaisanterie modeste et sans raison.&lt;/i&gt;»
&lt;P&gt;
Ainsi la lumière de février est propice à reprendre conversation secrète avec l’herbe des talus. Des points de la terre reprennent figure, des lieux renaissent de l’espace ; perce comme un murmure du blanc de l’hiver…


 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>La roue du temps...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/17#37372</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Bringuebalement du temps qu'il fait, avec un soleil de printemps miroitant, giflé soudain de neige et de pluie froide...
&lt;P&gt;
...et l'autre temps, celui qui passe, tressaute aussi comme grain en trémie. 
&lt;br&gt;Comme un frisson de printemps, et d'amour, de temps qu'il fait et de temps qui passe... dans l'enclos de ces quelques vers du poète René Char (&lt;u&gt;La Pléiade&lt;/u&gt;, p. 241) : 
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Un bruit long qui sort par le toit ;
&lt;br&gt;
Des hirondelles toujours blanches ;
&lt;br&gt;
Le grain qui saute, l'eau qui broie ;
&lt;br&gt;
Et l'enclos où l'amour se risque,
&lt;br&gt;
Etincelle et marque le pas.&lt;/b&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/55.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
...et puis le temps change, la roue qui chantait se fige... 
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/54.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
...fidèle au dicton :
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;A la saint Valentin, la roue gèle avant le moulin.&lt;/b&gt;



 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Quasimodo roman...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/09#36789</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/43.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Quasimodo rêve derrière sa petite croisée romane,  jusqu'au prochain angélus... Il voudrait bien écrire, mais les mots ne viennent pas. De son clocher, il embrasse le pays...  
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Les hommes aux boeufs...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/07#36632</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Je ne sais pas à l’instant ce sur quoi je vais écrire… La page s’ouvre, toute blanche… mais derrière (si c’est un cahier), au-dessus (si c’est l’écran)… fourmillent les lettres, passent des trains de mots, longues phrases qui charrient quelques petites choses du monde… et notre rumination devant ce qui passe donne envie de continuer le mouvement, de prendre le train en marche. Ainsi l’écriture dénote souvent une sorte de «géolâtrie», la plume effectuant ses va-et-vient entre les êtres et la terre, la terre signifiant notre attachement au sensible, le paysage reflétant nos états d’âme… Ambition sans doute vaine du mot-fourmi et de la lettre qui du monde fait son miel… C’est peut-être le rêve de la fourmi besogneuse: lasse de transporter machinalement et de s’épuiser physiquement, elle veut inventer un peu et entrer en poésie. La ruche bourdonnante, l’arbre chantant… c’est la vie d’artiste… Les pieds sur la terre, la tête dans les étoiles… Le philosophe anglais Francis Bacon préconisait cet équilibre toujours délicat entre la nature et l’esprit… et attirait (déjà en 1620) l'attention sur la toile de cette songeuse solitaire, l’araignée :
&lt;P&gt;
«&lt;i&gt;Les philosophes qui se sont mêlés de traiter des sciences se partageaient en deux classes, à savoir: les empiriques et les dogmatiques. L'empirique, semblable à la fourmi, se contente d'amasser et de consommer ensuite ses provisions. Le dogmatique, semblable à l'araignée, ourdit des toiles dont la matière est extraite de sa propre substance. L'abeille garde le milieu; elle tire la matière première des fleurs des champs et des jardins; puis, par un art qui lui est propre, elle la travaille et la digère. La vraie philosophie fait quelque chose de semblable; elle ne se repose pas uniquement ni même principalement sur les forces naturelles de l'esprit humain, et cette matière qu'elle tire de l'histoire naturelle, elle ne la jette pas dans la mémoire telle qu'elle l'a puisée dans ces deux sources, mais après l'avoir aussi travaillée et digérée, elle la met en magasin. Ainsi notre plus grande ressource et celle dont nous devons tout espérer, c'est l'étroite alliance de ces deux facultés : l'expérimentale et la rationnelle.&lt;/i&gt;» (Bacon, &lt;u&gt;Novum Organum&lt;/u&gt;, 1620, I, 95)
&lt;P&gt; &lt;/p&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/48.jpg&quot;&gt;&lt;/p&gt;
Quand j’écris le soir, dans la nuit, je vois ceci, dans les parages immédiats, qui attire mon regard : une vieille photo jaunie, accrochée au dessus de l’ordinateur, une lampe, une imprimante… et, par la lucarne, une enseigne lumineuse… Sur l’image, en noir et blanc, une quinzaine de bœufs attelés, avec le joug, à des chariots dont on aperçoit les bandages métalliques… Les rouliers –et parmi eux mon aïeul né en 1861- sont assis dans l’herbe ou juchés sur les chars. Brin d’herbe à la bouche, lenteur et puissance des animaux… force tranquille de mon arrière-grand-père… et des hommes aux bœufs… Derrière la vitre, l’écureuil blanc et lumineux sur fond rouge de la «Caisse d’Epargne». Un dessin stylisé, un éclair dans la nuit trouble… qui répond à mon écran luminescent. Par l’écureuil grésille doucement la fée Electricité ; séduction de l’économie-résille… 
J’ai disputé ce matin un élève qui accrochait la cheville de sa camarade en bas résille justement… La mode résille fait fureur en ce moment dans la classe. On a expliqué le mot (latin retis)…, évoqué les filets du rétiaire, les rets du chasseur, la résille et le réseau… L’aiguillage de deux lettres : le S ou le T… Donc l’économie-résille pourrait aussi se dire l’économie-rétiaire (le gladiateur qui combat avec un filet) ? Je me rappelle soudain le mot roumain «rasboï» : c’est le métier à tisser, mais aussi la guerre… et la petite fenêtre depuis laquelle je vois l’enseigne lumineuse de la banque, c’est un œil-de-bœuf… Je me suis mis au clavier pour remuer un peu, par lassitude peut-être, comme on s’étire… 
&lt;P&gt;
«&lt;i&gt;Au soleil qui se couche, les bœufs traînent par le pré, à pas lents, la herse légère de leur ombre.&lt;/i&gt;» (J. Renard, &lt;u&gt;Histoires naturelles&lt;/u&gt;)
 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le pays volatil...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/02/01#36200</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/38.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Une nuit… et la neige a fondu, sans pluie … juste la caresse du vent chaud… Peu d’images de ces moments versatiles; il faut le froid, qui fige, qui éternise… Je pense subitement à quelque mensonge : la constance est au Nord, au Sud l’inconstance… Sabots de glace et semelles de vent…
&lt;P&gt;
L’enchantement de &lt;a href=&quot;http://www.andredhotel.org/index.php&quot;&gt;Dhôtel&lt;/a&gt;  continue… écrivain des terres rimbaldiennes. Les Ardennes sont sur le côté, ni au nord ni au sud… Terres de confins, arrière-pays…
&lt;P&gt;
«&lt;i&gt;…je sais qu’il y a la grande chose, qui vous séduit tout d’un coup, à des moments pas plus extraordinaires que d’autres. Voici peut-être comment cela se passe.
&lt;br&gt;
Tout ce qui est dehors demeure vraiment nouveau. Les violettes avancent dans les prés à mesure que les inondations se retirent. On ne voit jamais deux fois la même guêpe. Les couples de hérons s’en vont de gué en gué. Tu ne peux pas te vanter de connaître tel ou tel corbeau. Des volées chaque jour inconnues s’élèvent dans le ciel où la lune s’éloigne. Elles parlent avec le vent qui change de voix et le vent couche le thym contre la terre que le givre durcissait deux mois plus tôt.
&lt;br&gt;
Tout d’un coup cela se calme et cela se fixe, quand tu ne t’y attends pas. Les oiseaux continuent de voler. Le soleil monte. Mais c’est comme si tout reprenait sa place véritable après des années révolues. Et tu es là, devant la grande chose. Tu t’es assis par exemple au bord d’un lac gelé, sur la neige. Les maisons sont claires. L’horizon est parfait. Alors une insouciance singulière domine tous les lieux. Quelquefois c’est plus âpre : tu t’es endormi, et quand tu te réveilles, tu vois seulement au-dessus de toi une branche de ronce avec son fruit, tout contre un ciel de tempête. Les nuages ne remuent pas. Une buse passe enfin vers le haut, s’élève et s’enfuit.
&lt;br&gt;
Il faut se souvenir de toute sa force, car de tels moments sont presque impossibles. Il y eut un jour, où marchant sans penser, je me sentis arrêté soudain , en voyant des prés au niveau de mes yeux, par-delà quelque talus. La barre des prés, rouges de centaurée, éblouit le cœur peut-être une ou deux fois par vie d’homme.&lt;/i&gt;»  (A. Dhôtel, 1950)



 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Mais où sont les neiges d'antan ?...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/31#36126</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/47.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt;
Une épaisse couche de neige recouvre le pays depuis une semaine… Il faut remonter à des temps immémoriaux pour trouver autant de neige sur le village. Pour mes jeunes collègues, c’est le premier hiver, celui dont il rêvait enfant, celui des livres d’images… Au salon de coiffure, les anciens animent la ruelle sans préciosité ; on raconte en patois les neiges d’antan :
&lt;br&gt;
«&lt;i&gt;Pour aller à l’école, on attelait un bœuf à un tronc d’arbre, et nous marchions dans la trace… On posait une échelle sur le traîneau, et nous montions à plus d’une dizaine… C’est bon pour les nappes…&lt;/i&gt; (mais on revient là au présent)»
&lt;br&gt; 
Le silence de la nuit devient soudain plus pesant et réveille le dormeur. Une impression de cocooning profond, on ne voudrait pas, le matin, sortir de sa chrysalide... Comme un désir de régression... Le paysage a bien sûr changé, mais surtout le sonore : l’hiver devient pleinement la saison de l’ouïe… Moins de voitures, plus de piétons ; une lenteur bienfaisante, une chaleur dans les cancans et dans la neige à la pelle… Je discute enfin avec Mme G., toujours silencieuse habituellement sur son pas de porte. Pas de «&lt;i&gt;ramassage scolaire&lt;/i&gt;» jeudi, vive la routine glissante…
&lt;P&gt;
Les romans de Dhôtel continuent d’être réimprimés. Grande joie de lire avec le rhume «&lt;u&gt;L’honorable Monsieur Jacques&lt;/u&gt;» (1972). La neige est aussi dans le paysage dhôtelien : 
&lt;br&gt;
«&lt;i&gt;Quand il arriva sur Bercourt il aperçut en haut des crêtes une longue bande de neige illuminée. Dans un mirage apparaissait une contrée lointaine, comme les abords d’un splendide désert, ironiquement détaché des terres environnantes. Oui, c’était drôle. Une sorte d’événement tout à fait vain, sans rapport avec quoi que ce soit mais éblouissant et secourable pour ainsi dire. Comme si tout se passait ailleurs encore une fois…&lt;/i&gt;» (p. 144 / folio)
&lt;br&gt;
 Ainsi tombe la neige…
 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>La colombe et le pigeon...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/28#35937</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Le texte du 24 janvier évoquait une lecture matérialiste, celle de Jules Renard observant le cygne : manifeste pour une poésie de la réalité opposée à celle de l’illusion, plaidoyer pour l'oie et les mal aimés de la basse-cour… 
Attention cependant à la «Realpoetik»… Kofi Anan porte un bel oiseau à la boutonnière ; il ne faudrait pas que la colombe devienne le pigeon…
 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>&quot;Une histoire sans nom&quot;...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/27#35834</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
«&lt;i&gt;La vie n’est tolérable qu’avec une marotte…&lt;/i&gt;» (Flaubert) ; tenir son journal, par exemple. J’ai quitté depuis quelques mois les pages quadrillées de mon cahier (très inégalement noircies) pour l’écran tout lisse de l’ordinateur. J’ai plus écrit, me semble-t-il, écrit différemment aussi, mais je ne vois pas très bien encore les différences. L’insertion des images compte sans doute et oriente certains textes ; la page ouverte au monde et la lecture d’autres Weblogs font aussi une différence… Le cahier plus ou moins intime, qui rejoindra peut-être un jour -et au mieux- une vieille malle dans le grenier (et c’est encore une affaire de toile, mais d’araignée domestique cette fois), est gros de matérialité (et la couleur de l’encre, les formats, les couvertures, les rangements… étalent infiniment l’éventaire de l’écriture autobiographique, si bien étudiée, en France, par &lt;a href=&quot;http://perso.wanadoo.fr/apa/&quot;&gt;Philippe Lejeune&lt;/a&gt;) ; mais le cahier «Calligraphe» (ou «Clairefontaine»...) retarde sa lecture, n’appelle souvent même jamais de lecteurs ; un support matériel pour une lecture virtuelle…  Lecture d’un «Weblog» plus effective ? On le croit sûrement, quand se glisse un petit commentaire par exemple… Support virtuel, relation plus active. Tout cela est flou, tiraillé pour moi entre s’exprimer et communiquer ... Traces, amour, histoire…
&lt;P&gt; 
Dans mon cahier, j’aurais pu écrire, aujourd’hui, par exemple ceci… Les textes de Barbey d’Aurevilly me ravissent toujours. Lecture de «&lt;u&gt;Une histoire sans nom&lt;/u&gt;» : le dernier livre de l’écrivain (1882) ; une histoire...  «&lt;i&gt;Dans les dernières années du dix-huitième siècle qui précédèrent la révolution française, au pied des Cévennes, dans une petite bourgade du Forez…&lt;/i&gt;»
&lt;P&gt;
…et la description de Bourg-Argental, je l’associe à un passage ancien dans ce village, à bicyclette…et la bicyclette accrochent les souvenirs dans le corps comme crampons dans la montagne :
&lt;P&gt;
«&lt;i&gt;On descendait dans cette petite bourgade par un chemin à-pic, quoique circulaire, qui se tordait comme un tire-bouchon sur lui-même…&lt;/i&gt;»…
&lt;P&gt;
A un siècle de distance, les impressions se mêlent. Mme de Ferjol, on la connaît dans son entourage : «&lt;i&gt;Mme de Ferjol, qui n’était jamais malade : «J’ai en santé, disait-elle quelquefois, ce qui m’a manqué en bonheur», connaissait à peine ce médecin…(…) Il était depuis dix ans médecin dans ce trou, comme disait la méprisante Agathe -ce qui, du reste, n’était pas une objection contre son habileté de médecin. De tous les hommes qui ont besoin d’un large théâtre pour déployer du talent, et même du génie, le médecin est celui qui peut le mieux s’en passer… Ne trouve-t-il pas de la matière médicale partout ?&lt;/i&gt;» Apartés nombreux dans la trame d’amour, de mystère et de scandale des roman de Barbey, qui sont aussi des documents d’histoire... Mais Barbey d’Aurévilly, c’est aussi l’édition établie par Jacques Petit (voir les «folio classique» de chez Gallimard)...
&lt;P&gt;
Ce dernier était doyen, professeur de lettres  à l’Université de ma région quand j’avais 20 ans. On ne s’est jamais connu ni rencontré, mais je savais le reconnaître dans son imperméable en gabardine, avec une sacoche de cuir fripé et la gitane maïs aux lèvres. Un jour, je le croise… il est sur l’autre trottoir, s’arrête, me regarde intensément… J’ai pensé au même instant qu’il devait reconnaître quelque personnage échappé d’un roman de l’époque de Balzac… et que je devais avoir quelques affinités avec le siècle de Rimbaud... Aujourd’hui encore, je crois que mon intérêt pour le dix-neuvième siècle prend un peu sa source dans le regard croisé avec ce grand lecteur de Barbey. D’un petit instant du quotidien banal sort parfois un événement personnel , comme une grande leçon, imprévue…
 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le cygne de bon aloi...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/24#35599</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
&lt;i&gt;Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
&lt;br&gt;
Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes,
&lt;br&gt;
Et glisse. Le duvet des ses flancs est pareil
&lt;br&gt;
A des neiges d’avril qui croulent au soleil ;&lt;/i&gt;
&lt;P&gt;
Ce sont les premiers vers du poème parnassien de Sully Prudhomme, LE CYGNE (&lt;u&gt;Les solitudes&lt;/u&gt;, 1869). 
&lt;br&gt;
Quelques années plus tard, Jules Renard semble suivre le même sillage :
&lt;P&gt;
&lt;i&gt;Il glisse sur le bassin, comme un traîneau blanc, de nuage en nuage. Car il n’a faim que de nuages floconneux qu’il voit naître, bouger, et se perdre dans l’eau. (…) Il s’épuise à pêcher de vains reflets, et peut-être qu’il mourra, victime de cette illusion, avant d’attraper un seul morceau de nuage.&lt;/i&gt; (&lt;u&gt;Histoires naturelles&lt;/u&gt;, 1896)
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/35.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;i&gt;Mais qu’est-ce que je dis ?&lt;/i&gt; s’écrie soudain J. Renard :
&lt;P&gt;
&lt;i&gt;Chaque fois qu’il plonge, il fouille du bec la vase nourrissante et ramène un ver.
&lt;br&gt;
Il engraisse comme une oie.&lt;/i&gt;
&lt;P&gt;
Regarder le cygne comme un signe… ou regarder un parent de l’oie. Aimer l’illusion… ou la réalité. 
Robe de mariée, eau minérale… remplacer le cygne de la publicité par une oie.
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le clic et le hic...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/22#35476</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Le premier livre que j’ai lu de Michel Serres, paru en 1985, s’intitulait : «&lt;i&gt;Les cinq sens&lt;/i&gt;». La quatrième de couverture posait une question qui m’intéressait, alors que la maison était dépourvue, à cette époque, de toute l’informatique qui définit la domotique d’aujourd’hui ; juste un peu de mécanique et d’électricité, pour la machine à laver le linge surtout… La question était la suivante : «&lt;i&gt;…comment ces corps si vite changés en moins d’un demi-siècle habiteraient-ils le même monde, sentiraient-ils par les mêmes sens, logeraient-ils la même âme ou une semblable langue que l’ancienne chair accablée de poids et de nécessités, malade, sale, douloureuse, affamée ou repue, verbeuse, rigide et trop vêtue en raison de la honte ou du froid, soumise au labeur et non à l’exercice, à la morale plus qu’à la médecine, dont la philosophie de nos pères a parlé ?&lt;/i&gt;» (M. Serres)
&lt;P&gt;
Publié dans un «&lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;» récent, le témoignage d’un psychiatre, le docteur Lepastier, à propos de la canicule du dernier été : «&lt;i&gt;Si nous avions été capables de sentir, de nous fier à nos réactions corporelles, à notre malaise physique, nous aurions été en alerte beaucoup plus tôt. Les veilleurs de garde n’auraient pas attendu des informations sur des écrans d’ordinateur pour sonner le tocsin. Notre psychisme n’intègre plus nos sensations corporelles. J’étais interne dans un service de gérontologie pendant la canicule estivale de 1976 : nous n’avons eu aucun décès parce que tous les membres de l’équipe soignante, souffrant de la chaleur, ont immédiatement perçu, par empathie, les besoins des malades. Notre société n’arrive plus à penser avec son corps.&lt;/i&gt;»
&lt;P&gt;
Lu encore tout dernièrement le petit livre dense de Philippe Breton: &lt;i&gt;Le culte de l’Internet / Une menace pour le lien social ?&lt;/i&gt;… qui pose aussi la question des relations entre les hommes, dont les corps seraient séparés et les consciences collectivisées par le nouveau dispositif d’Internet. Je schématise, mais le vieil humanisme est secoué dans ses tréfonds… Il faudrait citer aussi Jean Beaudrillard, qui aime aussi beaucoup citer : «&lt;i&gt;Cette nuit, j’ai rêvé de la réalité, quel soulagement quand je me suis réveillé!&lt;/i&gt;» (Stanislaw Lec) 
&lt;P&gt;
Réalité, virtualité… ? Ce sont les tas de fumier qui me turlupinent: le paysan à la brouette les reconnaîtra-t-il, ainsi numérisés et aseptisés ? et le chant du coq le réveillera-t-il encore ?... 
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le bonheur dans le pré...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/18#35199</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Les pluies ont cessé et le vent pousse d’épais nuages sombres. Une mitraille de soleil sporadique et l’on croit au printemps...
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/33.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
Approchons, pour rêver, les dernières fermes du pays, construites en granit brut : un exhaussement primitif en dur et en tendre, tout fumant, le tas de fumier… Le coq qui pavoise et la rigole noirâtre descendent dans le pré et dans le bonheur…
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>La voix de son maître...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/17#35129</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
	«&lt;i&gt;Poil de Carotte, va fermer les poules !&lt;/i&gt;» C’est la voix de Mme Lepic qui retentit aux oreilles de l’enfant persécuté. &lt;u&gt;Poil de Carotte&lt;/u&gt;, c’est Jules Renard, qui connaît parfaitement le poulailler. De la basse-cour, où il se réfugie, il rêve d’évasion et regarde la girouette de l’église… «&lt;i&gt;Ses poules rentrent, une à une. Il reste seul, enroué, vanné, dans la cour déjà sombre, -mais l’autre éclate encore aux derniers feux du soleil, et chante de sa voix pure, le pacifique angélus du soir.&lt;/i&gt;» Chanteclerc, dans le &lt;u&gt;Roman de Renart&lt;/u&gt; , «&lt;i&gt;…laisse aller sa mélodie, les yeux clignés, de toutes ses forces.&lt;/i&gt;»… et le renard l’emporte. 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/37.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
Notre animal gaulois aime les sentiers malheureux de la guerre et son discours amoureux entonne la trompette des conquérants : le combat et l’amour, un même vocabulaire… La Fontaine note cependant l’avènement du féminin, responsable du panache, de la montée sur ergots, du cocorico pour tout dire :
&lt;P&gt; 
&lt;i&gt;Deux coqs vivaient en paix : une poule survint,
&lt;br&gt;
Et voilà la guerre allumée.&lt;/i&gt; (Les deux coqs)
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/36.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
C’est la belle voix radiophonique d’une phoniatre, cette semaine, qui m'a conduit au chant du coq… On n’aime pas sa voix, qui jamais ne nous hisserait assez haut sur le pavois. Ecoutons-nous… et c’est un malaise roturier de basse-cour qui nous étreint. La voix serait un instrument de domination, décevant pour la majorité d’entre nous, favorable à l’homme politique et à Dom Juan… Et la voix féminine ? …n’avez-vous pas remarqué combien elle est passée dans les graves, ces dernières années ?
&lt;P&gt;
	Peut-être que l’angélus pacifique ne peut plus s’accrocher dans le paysage sonore, comme la plainte, le soupir, le murmure… et toutes les voix apolitiques de l’humilité, voix de la terre et chants des oiseaux… que Saint-François aimait entendre...

 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Pays perdu</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/13#34891</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Des rafales de vent et des pluies froides qui n’en finissent pas de tomber… C’est la boue. Quelques fermes abritent encore les derniers paysans, retraités qui vivent de l’IVD (&lt;i&gt;indemnité viagère de départ&lt;/i&gt;). Dans les cours, des amoncellements hétéroclites : carcasses de machines, cabanes de tôle ondulée, dégoulinades de purin… La réserve de bois est abondante, et d’un autre temps le lavoir et les latrines au fil du ruisseau…
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/34.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
Un très beau livre sur la fin des paysans :
&lt;P&gt;
«&lt;i&gt;La maison est placée au carrefour principal du village, c'est-à-dire à un croisement de venelles boueuses parcourues tout au long de la journée par les troupeaux, les tracteurs attelés de tombereaux, et des population mouvantes, instables, de chats, de chiens, de canards, de poules ou d'oies. Le revêtement écorché, défoncé, comblé de bouse, finit par devenir un indistinct composé de bitume et d'excréments de toutes espèces.
&lt;br&gt;
Les vieilles étables qui accueillent peu de vaches ne dégagent pas d'odeurs repoussantes. Le fumier y sent bon, c'est un parfum d'herbe, densifié et comme intériorisé, relevé d'épices, agrémenté de notes profondes.&lt;/i&gt;» 
&lt;br&gt;
(Pierre JOURDE, &lt;u&gt;Pays perdu&lt;/u&gt;. Ed. L’Esprit des Péninsules, 2002 / p. 135)
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Noisette mécanique...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/12#34848</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
Il pourrait en être des couleurs comme des rimes :  féminines ou masculines ; le e final se perd dans le silence, dans un prolongement mystérieux ou la syllabe bute sur une frontière… Ainsi le coloris féminin de la mésange bleue, du rossignol… comme si le plumage avait la couleur infuse. Mais cette impression est peut-être due à l’absence de bordures, de cernes… Les chardonnerets, par contre, m’ont semblé très masculins. Ils arrivent en trublions sur les bords de la mangeoire, petits guignols bariolés dont le grimage rouge, noir et blanc fait mascarade, tout comme la livrée jaune… Jules Renard observait «&lt;i&gt;leur va-et-vient fleuri, leur vol teint de rouge sang et de jaune soufre&lt;/i&gt;». Tout près du noisetier, j’ai soudainement entraperçu le film que nous jouaient les chardonnerets : «&lt;i&gt;Noisette mécanique&lt;/i&gt;»… 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>La lippe noire...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/11#34768</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;
«&lt;i&gt;Je regarde la terre. Parfois, pour une fleur épanouie dans une certaine lumière, pour un peu d’eau laissée par la pluie dans un champ, on dirait qu’elle s’ouvre et qu’elle nous dit : « Entre. » Le regard voit la frontière, un poste avancé, perdu au fond d’une très haute vallée, sur le seuil d’un Thibet, la terre a l’air de dire : «Passe.» Rien d’autre. Rien de plus.
&lt;br&gt;
	Me serais-je converti aux éléments ?&lt;/i&gt; » (Ph. Jaccottet, &lt;u&gt;Travaux au lieu dit l’Etang&lt;/u&gt;)
&lt;P&gt;
Le poète PONGE semble vouloir régler plus abruptement son compte avec l’expression; voir ses titres : «&lt;i&gt;Le parti pris des choses, La rage de l’expression…&lt;/i&gt;» et l’on pourrait ajouter : le parti pris des plantes, des animaux, des paysages… A la frontière, la conciliation toujours difficile du monde et des mots, cette drôle d’émulsion, cette émotion quand l’imaginaire nous étreint…
&lt;P&gt;
Une image portée depuis l’enfance à propos des étangs, griffonnée sur un carnet que j'ai perdu : «&lt;i&gt;La lippe noire des étangs…&lt;/i&gt;»… Bien plus tard seulement, j’ai su que les étangs de mon pays pouvaient être d’anciennes tourbières (… et la transparence des eaux acides et la noirceur du fond tourbeux font contraste) ; j’ai su aussi que «&lt;i&gt;faire la lippe&lt;/i&gt;», c’est faire la moue… Comme s'il y avait une bouderie parfois du paysage  avec les mots, les images..., une fâcherie à se mettre en boîte ou en lignes noires...
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>La coupe sanguine...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/10#34716</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/25.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;

Aucun bruit ne secoue l’atmosphère ouatée de brouillard. Sans un cri, les buses rasent la campagne inodore, légèrement purulente… A l’appel de la douceur, la terre exsude une humeur qui tranche en noir sur le fond de neige. De gros yeux glauques crèvent la surface glacée des étangs que le dégel glycérine. Touche colorée : la coupe sanguine des aulnes, fraîchement tronçonnés… 
 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>La fausse alerte...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/08#34575</link> 

						<description> 
 &lt;P&gt;

Une &quot;poudrée&quot; de neige vers Noël, que le froid a bien vite durcie… et puis les degrés qui gîtaient bas s’agitent,  le mercure reprend de l’altitude, joue le grand écart entre la nuit et le jour, entre le soleil de midi et la brume matinale… Une curieuse impression de réveil s’empare de l’habitant : quelle tocade de printemps sur le monde? la nature solde déjà ses oripeaux de mauvaise saison ? 
&lt;br&gt;
Dès janvier parfois, l’humble promeneur se penche sur la taupinière pour cueillir le pissenlit. Mais c’est toujours fausse alerte, un éveil dans le noir qui me rappelle soudain «&lt;i&gt;Une nuit dans la pineraie&lt;/i&gt;», la belle page de Stevenson dans «&lt;i&gt;Voyages avec un âne dans les Cévennes&lt;/i&gt;» :
&lt;P&gt;
«…&lt;i&gt;il y a une heure émouvante ignorée par ceux qui habitent les maisons : lorsqu'une impression de réveil passe au large sur l'hémisphère endormi et qu'au-dehors tout le reste du monde se lève. C'est alors que le coq chante pour la première fois. Il n'annonce point l'aurore en ce moment, mais comme un guetteur vigilant, il accélère le cours de la nuit. Le bétail s'éveille dans les prés ; les moutons déjeunent dans la rosée au versant des collines et se meuvent parmi les fougères, vers un nouveau pâturage. Et les chemineaux qui se sont couchés avec les poules ouvrent leurs yeux embrumés et contemplent la magnificence de la nuit.
&lt;br&gt;
Par quelle suggestion informulée, par quel délicat contact de la nature, tous ces dormeurs sont-ils rappelés, vers la même heure, à la vie? Est-ce que les étoiles versent sur eux une influence? ou participons-nous d'un frisson de la terre maternelle sous nos corps au repos? Même les bergers ou les vieilles gens de la campagne qui sont les plus profondément initiés à ces mystères n'essayent pas de conjecturer la signification ou le dessein de cette résurrection nocturne. Vers deux heures du matin, déclarent-ils, les êtres bougent de place. Et ils n'en savent pas plus et ne cherchent pas plus avant. Du moins est-ce un agréable hasard.&lt;/i&gt; »
&lt;P&gt;
Voilà, juste un frisson, une impression de réveil, de fourmis dans les jambes peut-être…
 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le rossignol...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2004/01/05#34373</link> 

						<description> 
 &lt;br&gt;
Difficile de reprendre l’écriture sur l’écran ; les gestes, les matériaux ne sont plus les mêmes, une sorte d’apesanteur, d’immatérialité guettent les mots. La trace, la bavure, la rature, le plein, le délié, le quadrillage d’un papier mat… s’évanouissent sur une surface «nickel». Justement, «&lt;i&gt;Nickel&lt;/i&gt;» (diminutif de Nikolaus), c’est le lutin des mines. Choisir entre la sueur du mineur ou la malice d’un petit démon… J’essaie de continuer mon entraînement, malicieusement si possible. Essayons de faire fi des thèmes, cueillons dans le jour le fil ou l’aiguille, l’âne ou le coq…, le filon surtout, dépouillé de sa gangue. Justement, la gangue (der &lt;i&gt;Gang&lt;/i&gt;, en allemand), c’est le chemin. Plutôt chemineau que gangster…

&lt;P&gt;

«&lt;i&gt;Je ne me prétends pas poète. Je crois ma vision fort commune.&lt;/i&gt;» (Francis Ponge)
&lt;br&gt;
«&lt;i&gt;Dans la vie courante, quand on dit qu’on pense à quelque chose, on se réfère au côté flou du film mental, extraordinairement flou.&lt;/i&gt;» (Julien Gracq)

&lt;P&gt;

Matin du 3 janvier. Assis à la table de cuisine… Par la vitre de la porte, je vois les mangeoires suspendues au noisetier. Les verdiers arrivent par vagues; un moutonnement de plumes vertes… et puis les gros-becs qui s’imposent dans la bourrasque de plumes, petits bouddhas couleur d’automne…
&lt;br&gt; 
A travers l’autre fenêtre, sur les branches enrobées de neige, un spectacle plus rare, plus solitaire et intime… Un couple de rossignols. A petite distance l’un de l’autre, ils s’ébrouent… et cette distance déjà semble un prodige de calcul, qui évite tout à la fois la promiscuité et l’éloignement. L’œil et le bec : petit point noir très vif et fin tiret qui ponctuent la tache orangée, le petit jabot chanterelle. Le balancement sur la branche fait aussi clignoter le petit point blanc du derrière… je n’entends rien derrière la vitre, mais l’oiseau écrit sa musique : une blanche, une noire… une blanche… Point, tiret, rond… la courbe et la pointe, l’éclat et la matité… goutte de plumes pour condenser tous les contraires… 
&lt;br&gt;
Je n’ai pas parlé du couple… Etait-ce le mâle ou la femelle, que j’ai regardé(e) ces quelques belles et longues secondes ?
&lt;br&gt;
Pas crochet pour deux sous. Invendable ? Certainement. Démodé? Je ne l’espère pas… &quot;&lt;i&gt;Livre invendu, haut perché sur l’étagère…&lt;/i&gt;&quot; dit encore le dictionnaire. Ainsi le rossignol fait écrire... seul au seuil... de l’an nouveau…
&lt;br&gt;
Petit point noir... petit point blanc... petit point noir...
 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Stille Nacht...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2003/12/21#33474</link> 

						<description> 
 &lt;br&gt;

&lt;u&gt;Conclusion 2003&lt;/u&gt; : encore quelques paysages de l’Est pour dire l’hiver, un hiver continental, qui perdure souvent jusqu’au printemps. C’était en 1997, le foin commençait de manquer dans les fenils, la neige avait fondu et les bergers de Bucovine conduisaient les troupeaux loin de la ferme, à la recherche de quelques pâturages… Et puis la neige est revenue ; retour des troupeaux au petit matin, dans une gloire de blancheur. Une nuit avait suffi pour ensevelir le pays…
&lt;br&gt;
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/27.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
Je n’écrirai plus ici cette année… Ma pensée accompagne chaleureusement tous les amis connus, mais aussi les lecteurs qui feuillettent fidèlement ces quelques carnets dits numériques, que j’ai découverts si humanistes, si étranges et familiers aussi…
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Carnets des Vosges profondes, carnets du Canada, carnets des jours enfuis de 2003… à l’année prochaine.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Entre étrangeté et familiarité, le temps d’un souffle…, le &lt;b&gt;haïku&lt;/b&gt;, poème court japonais… Quelques emprunts à l’anthologie publiée dans la collection « &lt;u&gt;Poésie&lt;/u&gt; » (Gallimard, 2002).&lt;/i&gt;
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/28.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Il givre et grésille
&lt;br&gt;
sans fin sans fond
&lt;br&gt;
la solitude&lt;/b&gt;
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/29.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Il s’emballe
&lt;br&gt; 
le cheval
&lt;br&gt;
sur un tapis de gelée blanche&lt;/b&gt;
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/30.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Viens
&lt;br&gt;
allons voir la neige
&lt;br&gt;
jusqu’à nous ensevelir&lt;/b&gt;
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/31.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Sur un traîneau sans lumière
&lt;br&gt;
à la tombée du jour
&lt;br&gt;
dans la plaine enneigée&lt;/b&gt;
&lt;br&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;b&gt;Matin du premier jour
&lt;br&gt;
dans le poële
&lt;br&gt;
quelques braises de l’an passé&lt;/b&gt;












 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Vue sur cour...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2003/12/18#33278</link> 

						<description> 
 &lt;br&gt;
La cabane aux cochons s'appelle dans mon pays la &quot;soue&quot; (mot qui a donné &quot;souiller, souillon...&quot; et ne plaide pas en faveur de l'animal). Cette soue roumaine n'enferme pas complètement le cochon, qui voit non seulement la lumière mais peut clabauder avec le reste de la basse-cour...
&lt;br&gt;

&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/24.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;br&gt;
Veiller au respect de l'hygiène, isoler, cloisonner... afin de mieux surveiller les élèves : l'architecture scolaire reflète des règles pédagogiques... Si ces règles changent, la &quot;maison d'école&quot; doit aussi se transformer... 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Un été pluvieux...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2003/12/17#33217</link> 

						<description> 
 &lt;br&gt;
... et parfumé. Au milieu du pré, dans l'été continental de l'Europe, ces petits abris à foin. Cabanes d'herbes, cabinets de senteurs, de curiosités...
&lt;br&gt;
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/22.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;

 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Créer ou construire...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2003/12/16#33146</link> 

						<description> 
 &lt;br&gt;
La maison des paysans de Bucovine sort de terre… L’argile du pays est arrosée, foulée, pétrie, moulée, séchée… ; de la paille et du crottin, de l’initiative et du goût… sont ajoutés. Georgiu a 14 ans, son école est finie. Une cabane de pisé est construite dans la cour de ferme ; un foyer, un vieux soufflet sont installés, un apprentissage parmi les cinq maréchaux-ferrants du village (5000 habitants et encore plus de 1000 chevaux)… : Georgiu sera forgeron…
&lt;br&gt;
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;
&lt;P align=center&gt;&lt;IMG src=&quot;http://perso.wanadoo.fr/vosges-saonoises.histoire/23.jpg&quot;&gt;&lt;/P&gt; 
&lt;P&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt;

« &lt;i&gt;Qu’est-ce au juste qu’un créateur? Faut-il prendre ce terme dans un sens objectif ou subjectif? Le créateur est-il celui qui, de manière absolue, innove, ou celui qui éprouve de la joie à créer pour son compte, même si ce qu’il fait, d’autres l’ont fait avant ou le font aussi bien que lui?
&lt;br&gt;
Les sociétés qu’étudient les ethnologues ont peu de goût pour la nouveauté : elles justifient leurs coutumes par l’antiquité qu’elles leur attribuent. Au moins pour celles dont l’effectif démographique ne dépasse pas quelques milliers d’individus et n’atteint parfois pas la centaine, l’idéal — impossible, bien sûr, à respecter — serait de rester telles que, selon les mythes, les dieux les ont créées à l’origine des temps. Pourtant, dans ces sociétés non industrielles, chacun sait créer par soi-même tous les objets artisanaux qu’il lui revient d’employer. Qu’on ne parle pas là d’une imitation instinctive : les plus humbles techniques des prétendus primitifs font appel à des opérations manuelles et intellectuelles d’une grande complexité qu’il faut avoir comprises et apprises, et qui, chaque fois qu’on les exécute, réclament de l’intelligence, de l’initiative et du goût. […]A ces tâches, l’homme se consacre tout entier, il y investit son savoir, son adresse, sa personnalité; de même pour la potière ou la tisserande. Les différences avec l’ouvrage du voisin peuvent être minimes, indiscernables à l’oeil non exercé. Le praticien les remarque, et elles inspirent à leur auteur une légitime fierté.
&lt;br&gt;
En voulant faire de nos enfants des créateurs, souhaitons-nous seulement que, comme le sauvage ou le paysan des âges pré-industriels, il sache faire par lui-même ce que son voisin fait aussi, mais dans le respect de normes fixées une fois pour toutes, ou lui demandons-nous quelque chose de plus? On réserverait alors le nom de création à ce qui, sur le plan matériel ou spirituel, représente une innovation véritable. Les grands novateurs sont, certes, nécessaires à la vie et à l’évolution des sociétés : outre qu’un tel talent pourrait — mais nous n’en savons rien — avoir des bases génétiques (excluant qu’il existe à l’état latent chez tout le monde), on doit aussi s’interroger sur la viabilité d’une société qui voudrait que tous ses membres fussent des novateurs. Il apparaît fort douteux qu’une telle société puisse se reproduire et moins encore progresser, car elle s’emploierait d’une manière permanente à dissiper son acquis.
&lt;br&gt;
Peut-être avons-nous assisté à un phénomène de cet ordre dans certains secteurs de notre propre culture, celui des arts plastiques en particulier. Affolés par les deux innovations majeures que constituèrent, en peinture, l’impressionnisme et le cubisme se succédant coup sur coup dans le laps de quelques années, hantés surtout par le remords de les avoir d’abord méconnues, nous nous sommes donné pour idéal, non ce que des innovations fécondes pourraient encore produire, mais l’innovation elle-même. Non contents de l’avoir en quelque sorte divinisée, nous l’implorons chaque jour pour qu’elle nous octroie de nouveaux témoignages de sa toute-puissance. On connaît le résultat : une cavalcade effrénée de styles et de manières, jusque dans l’oeuvre de chaque artiste. […]. Que l’évolution récente de la peinture pèse si lourd sur les méthodes pédagogiques qui veulent libérer l’enfant et stimuler ses dons créateurs, est bien pour inspirer quelque méfiance à l’égard de celles-ci. &lt;/i&gt;»

&lt;br&gt;
&lt;br&gt;

Claude Lévi-Strauss, &lt;u&gt;Le regard éloigné&lt;/u&gt;, Plon, 1983 (p. 357-370)



 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Soif d'aujourd'hui...</title> 

						<link>http://vosgessaonoises.monblogue.com/2003/12/15#33102</link> 

						<description> 
 &lt;br&gt;

Ce matin, sur la table de la salle des professeurs, trois grands documents : les plans de notre futur collège… Comment ? Déjà…? Trois propositions (mais il semble qu’un choix ait déjà été entériné, lors d’une récente réunion à l’Hôtel du Département ?)… A l’évidence, la construction de notre futur collège n’implique qu’un nombre limité de partenaires de l’éducation, les dispositifs matériels ne regardent que très peu les usagers, les valeurs de l’éducation ne se pensent pas ensemble… Au temps de la Révolution, 