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Publié le mercredi 10 novembre 2004

Mercredi 10 novembre 2004
Première neige...

«Les arbres se défont à l’intérieur d’une sphère de brouillard» (Ponge)

Sur le macadam noir s’évanouissent de pâles flocons ; grisaille mouillée de l’hiver qui commence.

Il semble qu’on ne retrouve plus dans les manuels scolaires les images de la neige métamorphosant le paysage : le grand manteau blanc, les petits bonnets blancs coiffant les piquets de pâture... La géographie physique a d’ailleurs cédé la place aux hommes, à la démographie, à la géopolitique ; courbes et chiffres ont remplacé pierres et petites fleurs, et peut-être qu’un certain sens du réel et jeu de l’imaginaire nous quittent de cette façon.

Est-ce que les clichés ne seraient pas la fidélité à ce qui ne change pas ? Fidélité au monde immobile, au temps immuable ; fidélité aux pierres.
Avec la pluie, la neige, le vent viennent l’arrosement, l’érosion, le ravinement. Le monde se met à bouger, à changer. Temps de l’inconstance chanté par les poètes baroques qui aimaient l’eau, les bulles, la neige, le vent et les oiseaux...

Douce laine du ciel, belle fleur des nuées,
(...)
On dit que cet argent que tu jettes en lames
Renferme dans son sein quelques esprits de flammes ;
Que tu n’as de froideur que pour l’attouchement,
Et que la terre en toy trouve son aliment ;
Que luy pressant le flanc de tes eaux tempérées,
Tu remplis de pur sang ses veines altérées ;
Vien donc, riche toison, rare essence de l’eau ;
Inonde nos guerets d’un fertille ruisseau.
(...)
Comme leur danse est belle! Et comme leur albatre
Virevolte par l’air roulant d’un pas folâtre !
Comme ils vont se heurtans, sans se faire nul mal !
Comme en frères parfaits ils se traitent d’égal !
Comme sur le terrein l’un à l’autre s’abouche !
Comme ils font estendus une agréable couche !...

(Bussières / 1649)


Par liseron • 2004-11-10 08:43:29
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1 Commentaire :

Commentaire écrit le jeudi 11 novembre 2004 à 03:26:17 (lien)
féeréoline
je n'aimais, dans la neige que l'arrondi quelle donne à tous les contours, comme une douceur.
Je l'aimerai , maintenant comme une poésie de Bussières


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