Saute-ruisseau
   

Menu
Accueil
Derniers messages
Faites connaître ce blogue
Archives

Un blogue de :
liseron
liseron

Liens
An 2003 (XML)
Vosges saônoises...

Catégories

 

Publi le dimanche 22 août 2004

Dimanche 22 août 2004
Des Vosges aux monts Jura (2)...

Les Vosges sont déjà lointaines... Une roche blanche surplombe le camping : le calcaire. Tout le jour, les jambes ont pesé lourdement sur les pédales, pour éprouver le nouvel équilibre, la trentaine de kilos supplémentaires sur les deux bicyclettes. Dans la brume du matin, il a fixé intensément le mont de Vannes, dernier chaînon des Vosges méridionales, scruté l’épaisseur infinie du paysage, l’envergure un peu inquiétante du voyage qui commençait. Dagobert, le chat noir des voisins, regardait aussi ces drôles de voyageurs, clamant la sédentarité derrière la vitre...

Dagobert...

Pour ne rien oublier du pays, ils ont emprunté la route du bois de bouleaux : les écorces aluminées, les blocs erratiques, le bouillons blanc, le laurier de Saint-Antoine, la digitale pourpre disaient la terre siliceuse. A Moffans, dernier regard sur les Vosges. Le petit caillou blanc de la chapelle de Ronchamp les assure d’un retour. Les ruisseaux sont nombreux et avec eux les moulins qui se sont effondrés pour la plupart. La toponymie rappelle leur importance : moulin Brûlé, moulin de Montby, non loin de la vallée du Doubs.
Des maisons fortes coiffent le sommet des collines : Grammont, Montby..., ils sont entrés en terre de vieille seigneurie. Mais de l’autre côté du Doubs, après Clerval, sur la petite route ombragée qui accède au plateau du Doubs, ils renouent aves une histoire plus populaire...

"Loin du boulot..."

Des cabanons vivement colorés et baptisés avec humour abritent le repos dominical des ouvriers de l’industrie Peugeot. L’imagination se déploie surtout dans les jardinets ornés de faux puits, de moulins, de girouettes qui tournent au vent..., oeuvres réalisées avec des matériaux qui n’ont presque rien coûté : bidons, vieux pneus de voiture, coquillages, pierres, débris de vaisselle ou ferrailles qui ont franchi les barrières de l’usine pour devenir grille de jardin, porte, toiture, rambarde, enseigne, mobile surréaliste... Louis Pergaud eût aimé sans doute cette spontanéité nichée au pied du plateau, qui allie le merveilleux et le dérisoire et qui contraste étrangement avec les valeurs cossues «d’en haut».
En haut, il y a l’église frileuse de Gonsans, dont les murs sont recouverts de «tavaillons», il y a les convois militaires qui regagnent le camp de Valdahon, il y a la prévoyance des «Montagnons» qui coupent leur bois de chauffage... Et deux bicyclettes dévalent bientôt une nouvelle vallée profonde comme canyon... «Fausse comparaison ! s’écrie la Tiote-géographe, les vallées en terrain calcaire s’appellent des canyons.»
La chaleur aura été insidieuse qui, avec le petit vin d’Arbois, monte doucement des jambes à la tête... Ils sont bien partis.

Par liseron • 2004-08-22 12:15:19
Permalien |



2 Commentaires :

Commentaire crit le vendredi 03 août 2007 à 11:12:33 (lien)
Martine Schnoering - http://www.martineschnoering.com/
Du nouveau !
encore un coucou, pour vous inviter à visiter mon blog :

http://vosges.passion.over-blog.com/

Déjà une quinzaine d'histoires sur les Vosges en ligne,illustrées de photos et de vidéos ! Je publie régulièrement des nouveautés.
Amicalement,
MS


Commentaire crit le vendredi 30 mars 2007 à 17:29:31 (lien)
Martine Schnoering
Très beau texte, intéressant, bien écrit, qui me touche beaucoup. Belles photos, bravo ! J\'écris aussi : \"Mes mille maisons des Vosges\" (les cabanes m\'intéressent ) :

www.petites-vagues-editions.com

http://alloma.org/main041.html

http://alloma.org/main5.html




Ajouter un commentaire

 
Un blogue Journal personnel/Pensées par Mon Blogue.com